Daniel Woirin, le « pro-trait »

Daniel WoirinDaniel Woirin, le coach français expatrié au Brésil, puis aux USA depuis longtemps. Peu de gens le connaissent, mais ceux qui savent de qui il s’agit ne peuvent pas nier les qualités encrées dans ce personnage qui en vaut le détour.

Christopher Genachte est allé à sa rencontre lors de l’Ultimate Fight Night 54, à Halifax, alors que Daniel venait y coacher deux combattants; Pedro Munhoz et Tarec Saffiedine. Les deux passionnés de MMA ont bien accroché, l’occasion pour notre blogger de réaliser un portrait sur Daniel, que certains aiment appeler Colonel Moutarde (Private joke, il vous la racontera avec grand plaisir si vous êtes amenés à le rencontrer).

Jeune, Daniel vivait en France. Peu motivé par les études, il a vite trouvé une passion dans le Muay Thai, sport proposé par ses potes: « Quand j’étais ado, des copains m’ont parlé d’un sport qui venait de Thailande, un sport très intensif. J’y suis allé pour me tester et j’en suis tombé amoureux !« . Comme pour la majorité des pratiquants, Coach Woirin a été pris de passion pour ce sport de combat pour « le mélange des techniques, l’esthétisme, la beauté des mouvements et les difficultés rencontrées lors des combats« . Un sport de challenge, une vie de challenge. A la base, il ne se voyait pas spécialement en faire une carrière. Certes, le français a combattu à très haut niveau et s’est développé au maximum dans ce sport, au point d’en devenir entraîneur de l’équipe de France. Ayant été combattant lui-même, cela lui donne une meilleure approche en tant que coach, selon lui, puisqu’ « on sait ce qu’il se passe dans la tête de notre athlète: avant, pendant et après la compétition. On a déjà vécu les mêmes situations. Monter sur un ring ou dans une cage est un monde à part et il faut le vivre pour pouvoir le comprendre et l’expliquer. »

Christopher Genachte Interview Daniel WoirinAyant lâché ses études, il a décidé de les reprendre à 25 ans. Selon lui, « il n’est jamais trop tard pour bien faire« , une très belle et respectueuse façon de voir les choses, bien qu’il était occupé à réellement se faire un nom dans le domaine. « Tout a commencé avec mon entraîneur Mustapha Benatia: je l’ai aidé dans la préparation et le coaching des boxeurs. Par la suite, je suis devenu éducateur sportif, ce qui m’a permis de développer le pieds-poings dans les écoles primaires, ainsi que dans les quartiers difficiles de la banlieue Parisienne« . De fil en aiguille, celui qui entraîne maintenant en Californie est devenu le coach de l’équipe française avant de s’exporter au Brésil, un pays qu’il adore !

« J’ai toujours rêvé de vivre au Brésil. Les gens là-bas sont très sympathiques, il y fait toujours très beau et surtout, ma femme est Brésilienne !« . Des raisons largement suffisantes pour que l’entraîneur de 45 ans s’y installent pendant 8 années. Et la route fût extrêmement longue pour ce jeune français expatrié au pays du soccer. C’est là où sa transition en tant que coach de Muay Thai vers le spécialiste pieds-poings pour combattants MMA s’est faite: « Je devais travailler. J’ai donc démarché auprès de plusieurs salles de sport à Rio pour y entraîner le Muay Thai. J’ai commencé dans une gym, et un combattant de JiuJitsu m’a demandé de lui apprendre le Muay Thai, car il allait bientôt combattre en MMA dans le sud du pays. Je l’ai donc accompagné pour ce combat. Malheureusement, il perd sur KO en à peine 30 secondes. Ma carrière commençait mal,  mais c’est la preuve qu’il ne faut jamais abandonner !« . En effet, lorsque l’on connait la réputation de Daniel et qu’on analyse son parcours, on y voit une belle histoire de persistance, menant à une réussite indiscutable.

Daniel Woirin avec Anderson Silva et Mehdi BagdadDurant 8 années, Daniel s’est établi en tant qu’entraîneur pieds-poings pour les combattants MMA. Il a entraîné une floppée de combattants, allant de Luciano Azevedo – le seul et l’unique ayant battu José Aldo Jr à ce jour – jusqu’à Anderson Silva, avec lequel il partage son plus beau souvenir; en effet, il était dans son coin lors de sa victoire contre James Irvin. C’est Daniel qui lui a appris la technique (catch le middle kick et contrer avec un direct) permettant à Spider de l’emporter sur le vétéran de l’UFC.

Suite à son ascension de près d’une décennie en Amérique Latine, il voulait s’attaquer à un nouveau défi: « Je voulais de nouveaux challenges; je suis donc entré en contact avec Cyrille Diabaté, qui avait de bonnes connections à la Team Quest puisqu’il avait aidé Dan Henderson lors d’un camp. Mon profil les a intéressé, j’y ai fait un essai pendant deux mois qui s’est conclu sur un contrat de 3 années« . Trois années à épauler Jessie Taylor, Sam Alvey, Tarec Saffiedine et cette légende qu’est Dan Henderson, pourtant, sa plus mauvaise expérience jusqu’à ce jour.. Malgré lui. Hendo s’est blessé à 3 semaines de devoir combattre pour la ceinture UFC des Light Heavyweight face à Jon « Bones » Jones. Un coup dur pour le français: « C’est très frustrant de préparer un combattant pour un titre, et voir cet effort réduit à néant à quelques semaines du jour J« .

En plus d’un coach très réputé, il est aussi un mari et un père de famille, des valeurs sacrées pour Daniel, qui arrive à facilement jongler entre ses rôles sur Terre, grâce à un bon équilibre de vie: « Ma femme est Brésilienne et j’ai deux enfants. En tant que coach, j’ai beaucoup de temps libre, je me sens privilégié car je passe beaucoup de temps avec ma famille. De nos jours, c’est un luxe ! Il est difficile de trouver un équilibre entre le travail et la vie de famille, mais pour ma part, je me suis organisé pour passer le plus de temps possible avec ma famille et pour rien au monde je ne changerai cela ! »

Daniel Woirin se trouve actuellement à Los Angeles, puisqu’il donne cours à la Blackhouse à des combattants de renomée; on pense notamment à Lyoto Machida, Brendan Schaub ou Tarec Saffiedine, ainsi qu’à certains upcomers, tel que Pedor Munhoz, Mehdi Bagdad ou Marcio Lyoto. Et cela se passe très bien dans cette nouvelle salle: « J’avais deja travaillé au Brésil avec la même equipe, donc je me sens chez moi. Jorge Gyuimaroes et Ed Soares m’ont très bien reçu ! »

L’homme qu’on aura encore l’occasion de voir dans le documentaire sur Tarec Saffiedine prévu pour décembre (twitter @tarec_the_doc pour toutes les informations relatives à celui-ci) a encore de beaux jours devant lui.

On vous quitte sur une petite technique MMA que notre coach expérimenté au palmarès qui ne cesse de croître a appris à Tarec Saffiedine, ce dernier nous montrant ce que lui a enseigné son entraîneur.

 



Catégories :Portrait

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