Diaz vs Silva, DON’T BE SCARED THEY BACK

Voilà des mois que les fans des Arts Martiaux Mixtes attendent ce jour avec une impatience telle qu’un geek attend les nouveaux Star Wars. Les raisons sont nombreuses; de la plus simple qu’est la persistante excitation de voir le génie d’Anderson Silva entrer dans l’Octogone opposé au style très attractif de Nick Diaz à des raisons d’ordre plus philosophique: comment celui que l’on surnomme « The Spider » reviendra un an après sa grave blessure ? Enverra-t-il des low kicks, cet aspect primordial de sa définition d’athlète ?

Ici, nous aborderons une analyse plus technique des styles de ces deux gros noms du MMA. Nombreux sont ceux qui aiment à penser qu’ils sont très différents, nous commencerons par leurs similitudes. Très versatiles, les deux têtes d’affiche de l’UFC 183 sont connus pour un striking sur-développé couplé d’un solide jeu au sol qu’ils ne cherchent à trouver que par contrainte; soit suite à un Knockdown infligé, soit à une mise au sol subie. En effet, aucun d’eux n’a insisté sur la lutte offensive (bien que Nick possède un excellent judo). Et cela se comprend, à quoi bon y travailler si perfectionner le domaine où le combat commence leur suffit à gagner leurs combats, tout en sachant qu’ils sont très à l’aise sur leur dos ?Diaz Silva staredown

Au delà d’aptitudes similaires, nous retrouvons un style comparable dans la mesure ou Nick Diaz et Anderson Silva aiment provoquer leurs adversaires. Provoquer ? Ce n’est peut-être pas le bon mot, ils induisent l’adversaire à commettre l’erreur. Nous y reviendrons plus tard.

Au final, sur base des ressemblances, on peut se douter de ce qui nous attend ce samedi: un combat pieds-poings qui n’ira au sol qu’en cas de knock down.

Et c’est là qu’interviennent les différences entre ces deux athlètes. Leurs nombreuses différences techniques détermineront la manière dont ce combat va se dérouler.

Anderson « The Spider » Silva

Considéré par beaucoup comme étant le Greatest Of All Time du MMA, ou du moins, comme le meilleur striker ayant mis les pieds dans un ring sécurisé, il est clair que le Brésilien n’a pas besoin d’être présenté. Depuis son plus jeune âge, il a pratiqué divers arts martiaux et sports de combat; débutant par le Tae Kwon Do, allant vers le Muay Thai en passant par la Capoeira, il a rapidement perfectionné ses différents arts avant d’être attiré par le Jiu Jitsu, la boxe et enfin, le MMA. Il a commencé sa carrière professionnelle dans cette discipline il y a presque 15 ans sous les conseils du maître Rafael Cordeiro à sa Chute Boxe Academy. On sentait son potentiel grandir, mais il lui manquait un petit quelque chose; il n’avait pas encore trouvé son style. Un problème courant lorsqu’on combine une pratique assidue de tellement d’arts différents. C’est en 2003 qu’on commence à connaître le Silva d’aujourd’hui, grâce à son passage par la Muay Thai Dream et son installation à la Black House 3 années plus tard. Ce parcours lui permet d’avoir aujourd’hui un style propre à lui, plaisant aux fans, et redoutable pour ses adversaires. Avec une boxe excellente, un solide arsenal de techniques de Muay Thai et des réflexes hors normes, il se permet de faire des choses jamais vue auparavant dans des compétitions de MMA. Un point à souligner est que la confiance joue un énorme rôle lorsqu’on choisit un style pareil; mais qu’en est-il de sa confiance après avoir perdu deux fois aux mains de Chris Weidman ?

Silva esquive GriffinRentrons dans le détail de ses capacités en pieds-poings. La première chose qui saute à l’oeil, c’est la gestion de la distance; contrairement à beaucoup d’athlètes, il ne la sent pas. Il joue avec. Mesurer ? Non, tester. Il est dangereux à toutes distances; lointes, moyennes ou courtes. Et ce n’est pas principalement parce qu’il est si doué. C’est parce qu’il comprend l’importance des espaces ! Une petite nuance qui fait toute la différence. Alors que certains combattants diversifiés changent de postures pour déranger l’adversaire, lui le fait pour jouer avec la distance, selon l’éventuelle pression mise par un adversaire. Par exemple, l’effet miroir (prendre la même posture que l’adversaire) permet d’obtenir quelques centimètres supplémentaires entre 2 combattants, c’est-à-dire une fraction de seconde supplémentaire pour réagir à une attaque; primordial pour un combattant réactif comme lui. Un autre exemple crédible qui, lui aussi, applique souvent cette stratégie lorsqu’il est mis sous pression est Anthony Pettis.

Cette distance, une grande force de Silva ! De loin, il est capable de toucher avec un low kick ou un jab. Il a trop facile à esquiver une attaque à coup simple. L’effet mirroir force donc l’adversaire à devoir couvrir une plus longue distance, plus rapidement, en prévoyant plus d’un coup. Le risque de vouloir toucher Silva à une telle distance devient considérable ! Casser complètement la distance ? Demandez à Rich Franklin ce qu’il en pense; le clinch n’est presque plus une option ! Ce qu’il se passe souvent, c’est que l’adversaire va jouer la carte de l’agressivité. Anderson esquive à merveille, et contre à sa bonne guise. On se souvient tous des esquives connues face à Rich Franklin, Forrest Griffin, Yushin Okami et Vitor Belfort. Qu’il contre ou non, quelque chose d’assez magique s’est passé dans ces combats, et qui finalement est logique: un adversaire aggressif qui rate ses premières tentatives devient automatiquement prudent. Dans ce sport, la prudence mène à la peur, voire à la frustration. Lorsqu’il sent un adversaire devenu prudent, il va chercher à le rendre frustré, ou désespéré d’attaquer en « provoquant ». Pas de garde, la tête dans la verticalité de la jambe avant. Forcément, sa tête devient la seule cible visible aux yeux de son adversaire et il le sait. Peu sont ceux qui attaqueront les jambes ou le corps dans une telle situation, qui pourtant, est la solution ! Préparé, il est facile d’esquiver le premier coup en reculant simplement la Silva KO Belforttête, le deuxième en reculant la jambe avant et l’éventuel troisième en reculant à nouveau la tête. Un déplacement latéral supplémentaire et l’adversaire est incapable d’enchaîner une quatrième tentative. Tout le génie du Brésilien réside finalement dans la lecture de l’adversaire, et non en ses propres capacités, qui paradoxalement, sont souvent supérieures de base à celles de ceux qu’il rencontre. Au final, pour ce qui est de Rich Franklin, Okami, Belfort, ou même Marquardt, ils ont simplement arrêté d’essayer (Griffin, Irvin, Bonnar ont continué et ont pris un KO en s’acharnant sur cette cible intouchable). Et quand on arrête d’essayer, on oublie aussi de rester en mouvement constant. Plus de mouvement de tête, plus de déplacement latéraux, et c’est là qu’un Front kick au visage ou un simple jab-direct vous touche. Même s’il ne s’agit pas d’un KO, Anderson Silva sait comment finir un combat une fois l’adversaire mis knock down: La Chute Boxe Academy était réputée pour ses soccer kicks. Interdit à l’UFC, mais ils les réussissaient bien grâce à une parfaite manipulation des jambes d’un adversaire au sol. Face à Vitor et Marquardt, on a pu ressentir son background dans cette gym. Finissons donc par une statistique fort parlante de l’ancien champion des -84kg: Anderson Silva, c’est 17 Knock Down, dont 14 ont directement mené à un TKO. Okami & Griffin font partie des 3 Knock Downs ne menant directement pas à un TKO, mais ils ont fini KO par la suite. Des chiffres qui parlent d’eux même.

Nick Diaz

Les similitudes, on les connait maintenant. Que proposera la star de Stockton à la légende vivante ? Premièrement, de la pression. Alors qu’Anderson préfère laisser venir (d’ailleurs, ses combats les moins attractifs pour les fans sont face à ceux qui n’avancent pas; Thales Leites, Demian Maia), Nick Diaz avance. Il avance avec sa meilleure arme, le fondement de la boxe anglaise, le coup classique qu’on pense pouvoir voir arriver: le jab. Tout comme les José Aldo ou Tarec Saffiedine et leurs low kicks; on sait qu’ils vont venir, mais d’un moyen ou d’un autre, ils font mouche. Pourquoi ? Parce qu’ils sont techniquement parfaits et ils sont parfaitement amenés. Comment ? Reprenons cette phrase de Bruce Lee: « I fear not the man who has practiced 10.000 kicks once, but I fear the man who has practiced one kick 10.000 times ». Paul Sass et ses triangles, Rousey et ses clés de bras, Palhares et ses heel hook/kneebars. Une technique surperfectionnée passe contre quelqu’un préparé, même surpréparé à la contrer. Diaz jab PennFace à Nick Diaz, on sait qu’on va prendre des jabs; on peut se préparer comme on veut, on va peut-être minimiser le nombre qui touche, mais il en passera. Et sa force est d’en être conscient. Autant Anderson comprend l’importance de l’espace, autant Nick comprend le potentiel du jab, tant l’outil, que l’arme. Sa deuxième force, et c’est là où le combat de samedi devient très intéressant, c’est qu’il impose son jeu, son rythme qui augmente, et qui augmente sans cesse, à moins de ne pas lui en laisser l’opportunité, comme l’ont fait GSP en imposant son propre rythme, ou Carlos Condit en le frustrant avec un jeu de jambe bien mis en place. Comme dit plus haut, Anderson laisse en général venir, ce qui est un gros risque face à Nick qui, avec de l’espace va pouvoir s’imposer. A moins qu’Anderson ne puisse le frustrer ou le contrer à chaque essai. Si chacun garde leur gameplan habituel, le vainqueur sera celui qui gère le mieux son propre jeu, dans ce combat aux styles complémentaires. Si l’un change, nous aurons droit à quelque chose d’inattendu, et indéniablement excitant, donc.

Ce qu’il y a de motivant pour le combat principal de ce week-end, c’est qu’un Nick Diaz, même frustré, continue d’avancer et d’essayer d’imposer son rythme; aux rounds 3 & 4, il a encore montré de très belles choses face au champion Welterweight de l’époque. Jusqu’au 5e round face à Carlos Condit, il continuait encore et toujours à avancer. Jusque là, on aurait encore tendance à donner l’avantage à Silva comme le font les oddmakers, puisqu’on voit facilement le Brésilien avoir plus d’options: comme d’habitude, esquiver, contrer, frustrer, attaquer. Strikeforce: Diaz vs. DaleySi le Stocktonien impose son rythme, chercher le clinch. On entre dans un autre risque avec Diaz au corps à corps. Ces longs bras lui offrent peut-être un jab à distance éloignée, mais à courte distance, il est redoutable avec ses crochets qui peuvent passer derrière les coudes de l’adversaires pour chercher les côtes. En thai clinch, il peut facilement chercher la tempe par au dessus de l’épaule. Lors de sa dernière apparition, Silva a pris un knockdown à partir de cette position du corps à corps. Rappelez-vous de Diaz contre Penn, Santos ou Daley; au corps à corps, ils n’ont rien su proposer au poulain de Cesar Gracie.

Pour finir, une fois à l’aise, il est difficile de faire un come back. L’Américain est infatiguable et possède l’un des meilleurs cardio du sport, voire le meilleur et n’hésitera pas non plus à baisser la garde pour provoquer l’erreur de l’adversaire, offrant sa tête comme cible. Fou comme il est, il donne même des coups de tête à des jabs à certaines occasions (contre BJ). L’importance de cette précision est que, tout comme Chris Weidman, Nick ne rentrera pas dans l’Octogone avec de la peur, don’t be scared homie ! La statistiques choisies pour notre personnage de Stockton est simplement qu’il n’a jamais subit de Knockdown depuis 2002, qui représentait son 5e combat professionnel ! Statistique intéressante mise en parallèle à celle choisie pour l’araignée.

J-1

Par Christopher Genachte



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1 réponse

  1. Il c prit 1 beau knockdown par Paul Daley quand meme

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