L’évolution à l’encontre de Dan Henderson

Le MMA, ce sport nouveau qui évolue dans tous les sens; croît en terme de visibilité, en terme d’accès, mais évolue également aux niveaux techniques et stratégiques. Alors qu’à ses débuts, les analystes parlaient toujours de « background » et celui qui saura imposer son jeu, son art. Aujourd’hui, de plus en plus, on parle d’un sport à part entière et d’athlète complet avec une légère prédominance dans un aspect du jeu. Des experts du sol dominent des strikers debout, des boxeurs amènent des grapplers au sol. Le MMA est une discipline complète avec des athlètes doués dans toutes circonstances. Un jeu qui évolue. L’informatique, la technologie représentent des belles métaphores: nouvelles, elles évoluent rapidement. Ceux qui en font une spécialité se doivent de rester à jour et de constamment suivre l’évolution. Il en va de même pour les combattants MMA.

Il est difficile d’écrire sur Dan Henderson en ce temps-ci. Il y a une décennie, il était déjà une légende vivante du sport; cela fait pile dix ans qu’il a emporté le Pride Welterweight Championship, 2 ans plus tard, il combattait dans cet affrontement d’anthologie dans lequel il met le dangereux Wanderleil Silva au tapis pour la ceinture Middleweight du Pride.

Son inoubliable KO sur Michael Bisping, ses 3 incroyables finishes sur Babalu, Calvante et Fedor… C’était il y a presqu’une demi décennie. Déjà.

Depuis 2012, il n’a qu’une seule victoire; son come back face à Shogun. Depuis juillet 2011, il n’a pas gagné contre quelqu’un qui ne s’appelle pas Mauricio « Shogun » Rua. Les temps sont durs pour cette légende du sport. Néanmoins, rien ne peut lui être retiré; s’incliner face à Daniel Cormier, le nouveau champion des Light Heavyweight, Vitor Belfort encore sous TRT et Gegard Mousasi, ainsi que perdre des combats serrés face à Lyoto Machida et Rashad Evans, cela n’a rien d’humiliant. Toutes les défaites de ce Grand homme du sport sont face à de très solides calibres ! Cela peut sembler motivant à l’approche de son prochain challenge de ce week-end; Tim Boetsch qu’il affrontera lors du combat principal de l’UFC Fight Night 68.

Ce qui est inquiétant, c’est le pattern clair qui existe dans ses récentes défaites. Il incarne cette vérité développée par Bruce Lee « I fear not the man who has practiced 10.000 kicks once, but I fear the man who has practiced one kick 10.000 times » (Je n’ai pas peur de celui qui a entraîné 10.000 kicks une fois, mais je crains l’homme qui a entraîné le même kick 10.000 fois). En effet, ce low-kick (ou feinte de low kick) avant suivi du overhand est une technique qu’il a perfectionné. Bien que ses adversaires s’y attendaient, cette combinaison léthale passait quand même. Un enchaînement tellement propre à lui qu’on parlait de H-Bomb.

La classique de Dan Henderson. A l’époque où il brillait encore de mille feux, il avait un menton en acier. A l’image de Chuck Liddell, l’âge ne bonifie pas la résistance d’un combattant. Et ceux qui basaient leur succès – partiellement au moins – sur leur capacité à absorber des coups se doivent de changer leur façon d’aborder un nouveau challenge dans la cage. Par ailleurs, l’une des grandes forces qu’avait cette légende et qu’il n’a plus maintenant; le ring.

Le pattern clair de Dan Henderson est beaucoup plus facile à gérer dans un Octagone. On y arrive. Récemment, il semblerait que le gérant de la Team Quest ne propose plus que deux dangers lors de ces apparitions; ce H-Bomb et la technique la plus sous-utilisée du MMA; l’attaque en sortie de clinch qu’il a également perfectionnée et lui a vallu sa dernière victoire. Bien que dangereuses, elles sont faciles à gérer par les adversaires élites auxquels il fait face.





























Ce pattern clairement exposé, ces récents adversaires l’avaient analyser. Le MMA est à une époque où la préparation pour un combat a son importance et à moins d’apporter quelque chose de nouveau à chaque combat, un athlète risque d’être prévisible. Henderson aime rester proche du grillage pour préparer une attaque linéaire qui lui est propre; avancer presque de côté vers son adversaire en squattant sur sa jambe arrière pour envoyer son H-Bomb. Dans un ring, cela faisait reculer son adversaire vers les cordes, ou vers un coin où se dernier se retrouvait bloquer à attendre l’overhand. Dans la cage de l’UFC, il est facile de s’en sortir et ses 6 derniers adversaires ont tous trouvé une solution, une solution différente, qui plus est !

Si un seul échappatoire était possible, l’ancien champion Pride pourrait l’anticiper et surprendre Tim Boetsch avec un contre. Cependant, voici toutes les solutions trouvées:

  • Rashad Evans recule et circule sur sa droite en maintenant la distance avec son bras avant tendu. Pas de contre, donc, heureusement, pas de danger pour Hendo.
  • Par contre, Gegard Mousasi part sur le même principe; il recule, calcule la distance avec son jab, change d’angle sur sa droite et contre avec un direct en s’arrêtant au bon moment. Magnifique timing, fin du combat.
  • Shogun Rua maintient également la distance avec son bras avant tendu et sort sur sa gauche. Pas de contre, pas grave.
  • Daniel Cormier, au style plus lutteur va passer en dessous de l’overhand, forcant alors le corps à corps; sa zone de confort. La suite ? Henderson est sur son dos, face à un lutteur de niveau olympique.
  • Lyoto Machida lui ne recule pas. Il attend (et s’attend à ce qu’)Hendo avance(r) et envoie l’un de ses classiques genoux au corps avant que l’overhand ne soit lancé.
  • Vitor Belfort recule, maintenant lui aussi la distance avec son jab, Hendo les évite en s’abaissant davantage, laissant l’espace pour un contre avec un upercut.

L’évolution des athlètes et l’aspect analytique qui précède un combat joue contre Henderson qui semble tenir à ce qui a fonctionné des années pour lui. Ajouter un crochet gauche ou un kick droit à la fin de sa combinaison classique lui offrirait déjà un arsenal plus dangereux; il aurait touché Evans et Shogun en sortie de ligne. Ajouter des mouvements de tête lors de son avancée lui permettrait de rendre l’adversaire plus hésitant et moins précis lors d’un contre et aurait pu lui sauver ses défaites face à Vitor & Mousasi.

A 44 ans, il apparaîtra pour la 44e fois dans un combat MMA professionnel, fêtant les 18 ans de sa carrière !

Tim Boetsch n’a pas le niveau des derniers adversaires de Dan Henderson. Mais face à Hector Lombard, il a su jouer la carte de la patience et rester hors des nombreux dangers que cet athlète présente. Hendo devra venir avec des surprises ce week-end pour l’emporter.

Par Christopher Genachte



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