« Inside the head of » ep01: Arnold ‘Almighty’ Allen

Arnold Allen. Ce jeune espoir de 21 ans qui a fait ses débuts ce week-end à l’UFC Fight Night 69, à Berlin, a fait sensation en soumettant Alan Omer dans la troisième reprise, remportant le bonus « Performance of the Night ». Remplaçant de dernière minute puisqu’il prenait la place de Mike Wilkinson qui s’est blessé une semaine avant le combat.

Il y a sept ans, il a commencé à s’entraîner avec Marc Nixon au Dynamo Fight Sports. Maintenant, le jeune Britannique augmente son palmarès professionnel à 10 victoires pour une seule défaite, remportant sa 3e soumission de sa carrière. Avant cela, il avait du mal à trouver un adversaire sur les circuits régionnaux puisque de nombreux athlètes ont refusé de le combattre. Il s’attendait à cette opportunité, et est arrivé ce week-end avec beaucoup de battage médiatique.

Aujourd’hui sur 3 victoires d’affilée, il est revenu très fort de sa première et seule défaite pour déjà se positionner comme un futur grand nom du MMA. Positionnons-nous dans sa tête quelques minutes.

360-mma.com: Pendant le Media day, tu m’as dit que tu t’attendais à ce que l’UFC t’appelle. Même si tu t’y attends, c’est quelque chose de tellement gros. L’UFC te sonne pour combattre quelques jours plus tard. Que se passe-t-il dans ta tête au moment de l’appelle ? A quoi penses-tu les 10-15 minutes qui suivent l’appel ?

Arnold Allen: Au Cage Warriors, nous n’avons pas eu d’événement sur l’année. D’autres combattants et moi-même avions du mal à trouver un combat; c’était frustrant de vouloir et d’avoir des refus de certains athlètes. Lorsque j’ai été appelé, j’ai été à la fois excité et soulagé car je m’inquiétais que ce coup de fil n’arriverait jamais. 10 minutes plus tard, mon mental a switché en mode business: « Fight Week » !

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Arnold Allen interviewed during Media Day (pic: Hicham B)

A ce même moment, tu apprends qui tu affrontes. Connaissais-tu déjà Alan Omer ? As-tu l’habitude d’analyser tes adversaires avant un combat ?
En général, je n’analyse pas mes adversaires; j’ai tendance à me concentrer sur moi-même mais à ce niveau-ci, c’est essentiel de regarder les précédents combats de l’autre. J’avais déjà étudié tous les athlètes sur cette carte donc j’avais une idée précise sur tout le monde.

Maintenant, il est temps de venir à Berlin. Tu m’as également dit que tu faisais toujours gaffe à ton régime; que tu te tenais prêt en permanence au cas où, justement, on t’appelait pour un combat la semaine d’après.
Je mangeais correctement en cas d’appel de dernière minute et en effet, je mange toujours correctement à l’exception de la semaine qui suit un combat où je me fais plaisir.

Tout est allé très vite pour Arnold. Et un athlète de l’UFC a énormément de choses à faire durant la Fight Week. Heureusement qu’il était prêt à l’avance car, en tant qu’athlète, tu dois signer des centaines de posters, répondre à des interviews téléphoniques, faire des shootings photo et vidéo, faire des interviews, aller au Media Day et ce, en parallèle à rencontrer des fans et à faire le weightcut. Avec un si court préavis, c’est beaucoup à supporter, mais le jeune talent est déjà mature et a tout fait brillamment, aidé par son équipe.

 

Fight week. Tu as beaucoup à faire. C’est épuisant ou cool ? T’attendais-tu à avoir autant à faire à l’approche de ton premier combat pour l’UFC
C’était bien plus stressant de l’apprendre quelques jours avant le combat; je devais me soumettre à des examens médicaux, j’ai litéralement du faire le tour de l’Angleterre pour obtenir l’accord médical pour combattre. Une fois à Berlin, j’étais relaxé, sans le moindre stress.

Allens coach ITW

Sean Carter with 360-mma.com (pic: Hicham B)



Je parle beaucoup de ce Media Day, continuons. Tu y es arrivé avec beaucoup de battage médiatique et nombreux sont ceux qui te connaissaient. Qu’est-ce que cela te faisait d’avoir autant de gens qui venaient te poser des questions. Etais-tu à l’aise devant ces caméras ?
C’était génial. Je m’attendais à être assis tout seul sans personne pour me poser des questions. Je ne sais pas si tu as vu mes premières interviews; c’était tout l’opposé, je marmonnais. Je crois que Sean Carter est la raison pour laquelle je suis confiant face aux caméras (rires).

La pesée. Tu fais ton cut, ensuite tu dois aller sur la balance devant un grand public. C’est intimidant ? Après, ton adversaire vient proche de toi, se met en position de combat et te regarde dans les yeux. Il y a-t-il de l’excitation, un rush d’adrénaline qui monte en toi ?

Pas du tout. Ca fait juste du bien de passer enfin cette étape et pouvoir finalement boire et manger. Même pendant le face à face, j’étais juste excité à l’idée d’avoir ma bouteille d’eau !

Maintenant, tu as environ 26 heures avant de combattre. Que fais-tu après la pesée, tu manges, puis tu te relax dans ta chambre ou tu visites la ville ? Penses-tu non-stop au combat ou tu essaies de penser à autre chose ?
Je suis sorti avec ma team pour manger au resto, puis on est allé regarder un film à l’hôtel, en mangeant beaucoup de fruits. Je ne pense pas au combat jusqu’à rentrer dans mon lit. Mais là, je n’arrive pas à dormir parce que je suis tout excité. Un peu comme un enfant à Noël !

Comment est l’ambiance entre les combattants dans les couloirs, quand vous attendez tous dans la même pièce ? Tu croises souvent ton adversaire pendant la semaine ?
L’ambiance est très relax et je croise énormément mon adversaire mais il n’y a rien de bizarre. Nous sommes tous professionnels et c’est ce qu’on fait. Il n’y a pas d’animosité avant ou après le combat. C’est strictement du business.

 

Arnold avait l’air vraiment calme et confiant pendant le Media day et à la pesée. En tant que fan, je pouvais dire qu’il était préparé, relaxé et prêt à se montrer. Je pouvais sentir l’excitation du petit nouveau qui voulait combattre à l’UFC et montrer ses aptitudes dans la cage. Des gens se demandent pourquoi l’UFC en fait tant pour une bête pesée, pourquoi ils en font tout un événement. Je peux dire que c’est parce que ça excite les athlètes et ça rend les fans impatients. Tous veulent être 24 heures plus tard. Ca donne encore plus envie de regarder les combat, tout comme ça donne davantage envie aux athlètes de tout donner le lendemain.

 

Jour du combat. Quand arrives-tu sur place ? L’UFC te donne un heure précise à laquelle tu dois être prêt ou une fourchette ? Comment t’entraînes-tu ? Tu regardes les combats et si oui, la pression monte lorsque quelqu’un se fait mettre KO, comment Antonio Dos Santos ou Sasaki ?

Pour être honnête, je ne me rappelle plus mais je crois qu’on a une heure approximative. Je suis arrivé sur place à 15h, j’ai dû faire les tests pipi et ensuite, je me suis relaxé jusqu’à mon échauffement. Je m’échauffe très tranquillement et ouais, je regarde les combats mais je ne ressens absolument rien; je me positionne comme un fan.

Arnold Allen Check Hook

Maintenant, c’est à ton tour. Ta musique commence et tu dois faire ce walkout. A quoi penses-tu pendant le trajet ?
Je pensais juste à gagner. Et je rigolais à ceux qui me criaient des insultes et qui disaient que j’allais perdre et mourir. (rires). Charmants, ces fans !

 

Quand tu es rentré dans la cage, je me souviens que tu es resté à la porte 2-3 secondes, les yeux fermés avec un petit sourire sur ton visage. Je pense que ça va être dur pour toi de décrire ce moment, mais peux-tu essayer ? J’ai l’impression que tu te disais « Ah. Enfin ! »
C’est exactement ça. Du soulagement. C’était un sentiment incroyable d’avoir enfin fait ce trajet et de me tenir dans l’Octagone. Je sentais… Comme si c’était le début de quelque chose de grand !

 

Et ça l’était ! Le combat était chouette, surtout le premier round avec beaucoup d’actions en pieds-poings. La deuxième reprise n’avait pas autant d’activité, mais les fans ont pu observer un solide grappling d’Alan Omer qui a travaillé dur pour amener Arnold au sol et se battre pour garder le contrôle. Le troisième était simplement spectaculaire. Un moment important dans sa carrière que 8.000 fans ont pu apprécier en live, sur place. Parcourons ce moment génial avec le concerné, surnommé « Almighty ».

En tant qu’underdog, tu étais le premier à monter dans la cage. Tu dois attendre 2 minutes avant qu’Alan ne rentre à son tour. Que se passe-t-il dans ta tête pendant cette attente ? Une fois rentré, Andy Friedlander te présente. L’écoutes-tu ou est tu déjà dans le combat ? Que se passe-t-il quand l’arbitre dit « start » ?
A ce moment, je ne pense qu’à une chose: comment je vais battre mon adversaire. Et j’écoute mes coachs et leurs conseils. Quand Andy m’annonce, je ne m’attendais pas à une telle réaction de la foule, mais j’étais juste prêt, ça ne changeait rien de d’habitude. GO !

Arnold Allen Contre Alan Omer
Premier round. Très serré. Tu retournes dans ton coin. Comment te sens-tu ? Tu sens que tu vas l’emporter ? Que se passe-t-il dans le break suivant aussi ?
J’étais confiant d’avoir gagné le premier round et que j’allais gagné le combat. Par contre, je savais que j’avais perdu le deuxième et qu’il fallait que je donne tout dans le dernier, que je rentre dans cette dernière reprise pour le finaliser.

 

Il veut clairement t’amener au sol. Après 40 secondes, il y arrive plus ou moins. Tu es sur ton cul, le dos contre la cage. Je me souviens voir ton visage et selon moi, ça disait « oh non putain, pas comme ça ! ». Que se passait-il dans ta tête à ce moment précis ?
Je pensais juste à deux chose; faut que je me lève, bordel. Et à emporter ce combat !

 

Ca a marché. Un mental solide; beaucoup d’athlètes se seraient sentis sans défense, sans option dans sa situation; ayant un professionnel sur lui, avec 10 minutes d’efforts intenses dans les jambes. Tous les combattants ne reviendraient pas de cette situation; se remettre debout et chercher la finalisation. Arnold, qui vit de ce sport puisqu’il l’étudie et l’enseigne aussi, a agi comme un athlète expérimenté; une toute petite ouverture lui a suffit pour finaliser Alan Omer.

 

Tu te relèves, il retente une amenée au sol, laissant sa nuque ouverte. Tu la prends. Savais-tu déjà que le combat était fini ? Te rappelles-tu de ce à quoi tu pensais lorsque tu serrais sa nuque ?
Dès que mon bras était autour de sa nuque, je savais que j’avais gagner et tout ce qu’il y avait dans ma tête à ce moment-là, c’était: « SEEEEERRREEEEEEEEE !!! ».

 

Il tape. Tu n’attends même pas que l’arbitre vous sépare; tu pars célébrer ta victoire. Quelles pensées traversent ton esprit maintenant ? Tu remportes ton premier combat à l’UFC à 21 ans !
Pas grand chose, en fait. Je suis juste très heureux de gagner mes débuts, malgré toutes les circonstances !

 

Que se passe-t-il après ce combat ? C’était un superbe événement; 11 combats, 8 finalisations. Pendant la conférence de presse post-combats, l’UFC annonce ton bonus. T’y attendais-tu ? Ca fait quoi d’être 50.000$ plus riche en une seconde ?
Je suis allé voir mon frère, mon père et quelques amis dans le public. Je m’attendais, honnêtement, à recevoir ce bonus. Avec le court préavis et le niveau de mon adversaire, et la façon de gagner, c’était mon bonus ! Je n’ai simplement pas encore réalisé que j’ai gagné tant d’argent (rires).

Vivement son prochain combat. Avec Conor McGregor et Joanna Jedrzejczyk, les combattants Européens reçoivent plus d’attention. En plus, Arnold, Makwan Amirkhani, Taylor Lapilus, Scott Askham, Peter Sobotta et Nick Hein qui gagnent aussi ce week-end, et les nouveaux talents comme Steve Ray ou Joseph Duffy; le MMA va bien croître en Europe ! Bonne chose !!

« JE SUIS ARNOLD. J’aime ma bouffe et mon chien Trafford. Et j’aime faire la teuf ! »

Editeur exécutif sur place: Yellowcat & @tarec_the_doc



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