Limiter la réhydratation par IV: « Les pours » et le contre

Rarement, j’écris à la première personne. Ici, il ne s’agit pas d’un article neutre comme 360-mma.com en a l’habitude, je permets de simplement exprimer mon point de vue sur cette nouvelle régulation qui pourrait prendre effet bien plus tôt qu’on ne le pense. Pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de se mettre à jour concernant cette nouveauté, voici le lien vers l’article d’hier qui le traite.

Mon but ici sera de peser le pour et le contre vis-à-vis de cette norme qui rentrera fort probablement en rigueur dans un avenir proche. Vous l’aurez compris via le titre; je suis pour. Il y a en effet, selon moi, plusieurs pours. Et je commencerai par là en restant bref puisque cela coule de source. Le weight-cut, c’est très mauvais tant sur le court que sur le long terme pour n’importe qui; 360-mma.com l’explique très bien dans cet article (qui d’ailleurs est le plus lu du blog). Les fans veulent quoi ? Du spectacle. C’est sûr, le PRIDE l’avait compris et ne faisait pas trop attention aux produits dopans, etc. Dès lors, leurs athlètes étaient surpuissants et les fans avaient droit à un beau spectacle. Cependant, je veux également pouvoir m’identifier à ces combattants. Je veux pouvoir les respecter en me disant que ce que je vois, c’est le fruit de sacrifices et de travail. Je veux pouvoir me dire: « Ce gars-là, il est trop fort. Même si je m’entraînais autant que lui, je n’aurais pas son niveau ! ». C’est ça, le respect. Je ne veux certainement pas penser: « Ah, mais il est dopé. » Selon moi, n’importe qui qui utiliserait des produits dopants est capable d’arriver à un haut niveau s’il est encadré par un bon coach.

Je me suis un peu écarté du sujet; on parle de réhydratation, pas de substances qui permettent d’améliorer les performances. Ceci dit, ce n’était pas un argument sans raison; en 1993, lors du premier UFC, nous voyions un Sumo face à un kickboxeur, un judoka face à un boxeur. Pas de limitation de poids, pas de règle. Le but était de voir qui était le meilleur combattant, qui pratiquait le meilleur art. Anytime, Anywhere, Anybody. La mentalité du guerrier. Avec l’évolution, l’Ultimate Fighting est devenu un sport, un vrai, le Mix Martial Arts. Avec des règles, notamment, des catégories de poids. Anytime, Anywhere, Anybody my weigh. Cela ne m’a pas du tout dérangé, je suis fan, j’aime analyser les combats et les combattants, mais avant de voir du beau spectacle, je veux aussi des combats sécurisés. Un gars de 60kg qui prend un direct d’un athlète de 120, ça ne m’intéresse pas. Mais avec le weight-cut, il y a une partie du Anybody my weigh qui s’enlève. Quelqu’un qui pèse naturellement 72kg et qui voudrait combattre à son poids naturel se retrouverait en Welterweight où certains athlètes reprennent 5 kg entre la pesée et le jour du combat. 72kg face à 82kg, ça fait une différence de taille. Et on ne peut même plus comparer ces 2 gars, du coup, celui de 72kg devait lui aussi faire un cut, pour avoir plus de chance. Certains diront « c’est ridicule, si t’es meilleur, c’est pas 10 kg qui feront la différence ». A ce niveau élite, oui, ça fait une différence ! Regardons les cyclistes et les nageurs qui vont jusqu’à s’épiler pour un meilleur aérodynamisme. A ce niveau de compétition, un rien peut faire la différence. Alors une différence de poids de 12%; cela change la donne.

Du coup, je suis pour. Je ne veux pas dire que le meilleur combattant est celui qui cut le mieux et qui a un bon niveau. Je veux qu’ils soient tous à leur poids naturel et de là, on voit qui s’est mieux préparé.

Finalement, je n’aurai pas été si bref. Cependant, passons au contre. Il n’y en a que un. Mais c’est un gros. La seule raison pour laquelle je suis contre, c’est la stupidité humaine ! C’est aussi pourquoi j’étais contre la pesée le jour même. Beaucoup pensent que cela règlerait le problème; mais des athlètes seraient suffisamment idiots que pour se déshydrater le jour du combat et reprendre avant la performance. Ce serait pire. Alors, on me l’a déjà faite « Chris, t’es pas un pro. Tu coaches pas des pros. Tu peux pas juger; ils savent ce qu’ils font« : Pas d’accord. Je suis humain et je sais ce qui est mauvais pour un homme, athlète ou non. De plus, il y a des miliers d’exemples où un athlète fait le mauvais choix. Ce n’est pas un argument. Mais revenons à nos moutons !

Certains athlètes auront le bon réflexe: monter d’une catégorie. Ou deux. Ils feront juste en sorte de devoir perdre maximum 2 kilos avant un combat, ce qui ne provoquera pas un état de déshydratation avancé. Le problème, c’est que de nombreux athlètes voudront rester dans leur catégorie de poids. Ceux qui demanderont à l’UFC un long layoff pour effectuer un vrai régime et descendre leur poids naturellement; aucun soucis. Mais il y en aura toujours qui le feront via une déshydratation extrême, en espérant pouvoir se réhydrater oralement.

Et cette méthode montrera 2 problèmes:

  1. Des annulations de combat la veille: Cela arrive déjà fréquemment (Barao avant sa revanche contre Dillashaw, Jimy Hettes avant son combat contre Diego Brandao…). Ce sera encore pire; dans de nombreux cas de déshydratation avancée, il n’est pas possible de se réhydrater oralement. Seules les intravéneuses peuvent sauver la vie de la personne. Cela mènera dans le meilleur cas à une annulation du combat. Dans le pire cas, à la mort de l’athlète.
  2. Des athlètes encore déshydratés lors du combat: La réhydratation naturelle dure entre 24 et 48h selon la gravité de la déshydratation. La pesée prenant place entre 24 et 32h avant le combat; certains auraient encore les symptômes d’un homme non hydraté; maux de tête, difficulté à se concentrer, crampes musculaires, vue floue, diminution de la pression sanguine, diminution des fonctions rénales, nervosité et fatigue, ainsi qu’un déséquilibre des électrolytes. En gros; plus facile à mettre KO, moins bonne endurance, récupération difficile, moins performant. Rien de bon, tout ça pour avoir un avantage de quelques kilos sur son adversaire.

D’après des études, un athlète déshydraté de 2% performera 30% moins efficacement ! Une déshydratation de 15% est généralement fatale !

En conclusion; pour cette nouvelle régulation proposée par l’USADA, à condition que les combattants aient un excellent suivi médical pendant le processus d’éducation – j’entends par là, le temps qu’ils se rendent compte de l’importance de combattre le plus proche de leur poids naturel – et une autorité sévère de la part des organisations qui devront contraindre les athlètes qui prennent un trop gros risque à combattre dans la catégorie, sans seconde chance.

Par Christopher Genachte



Catégories :Dossier

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