Provoquer un contre, et le contrer: une technique, un style, un art

Récemment, 360-mma.com proposait des dossiers sur certains styles; les combattants à pressions, les contreurs. Aujourd’hui, la rédaction se penche sur ces rares combattants qui poussent l’adversaire à les contrer, anticipe cette action dans le but de chasser le chasseur. Certains utilisent cette technique ici et là, ne s’agissant alors que d’une arme dans leur arsenal – généralement chez les combattants à pression tels que Conor McGregor ou Joanna Jedrzejczjyk. D’autres adoptent tellement cette méthode qu’elle en est devenue un style à part entière; TJ Dillashaw, Dominick Cruz, Demetrious Johnson.

Oui, les meilleurs exemples se retrouvent chez les poids les plus légers, bien qu’en boxe Anglaise, nous retrouvons Andre Ward dans ce style, à 76kg et au même poids Giorgio Petrosyan en Kickboxing. Anderson Silva se retrouve également dans cette catégorie d’athlète, éventuellement Georges St-Pierre. Pourquoi sont-ils plus rares chez les poids plus lourds ? C’est la question parfaite pour élaborer les caractéristiques d’un bon combattant capitalisant sur les contres qu’il provoque et prévoit chez son adversaire.

  • Les feintes: Forcément, une feinte provoque généralement une réaction.
  • La réactivité: Bien que le but soit d’anticiper la réaction de son adversaire, il est nécessaire d’avoir de bons réflexes, de bons automatismes.
  • Un excellent jab: Il permet d’établir des feintes par la suite et il s’agit du coup qui est le plus souvent contré.
  • Un jeu de jambes du plus haut niveau, couplé à une balance, un équilibre naturel. Ceci permettra de travailler les angles; sortir de celui du contre tout en restant dans un angle et une distance de contre-attaque.
  • Mouvements de tête travaillé: Cela permet d’éviter les contres en restant à distance de frappe.
  • Un clinch impeccable. Souvent, lors d’une attaque manquée résultant en un contre, les athlètes se retrouveront au corps à corps.

En gras, les caractéristiques qui expliquent pourquoi il est plus fréquent de voir ce style chez les poids plus léger. Maintenant qu’elles sont parcourues, il est temps de s’adonner à une définition:

Contrer un contre est une technique visant à presser un adversaire dans un but unique de le faire réagir avec un contre prévisible en vue de l’anticiper et capitaliser dessus.

Une courte définition qui en dit long. A ne pas confondre avec un contreur pur. Le contre-puncher attendra une action de l’opposition pour la contrer. Le mot-clé de ce style-ci, c’est que l’athlète provoque l’action. Pour se faire, le fighter devra pousser lui-même l’action, sans quoi il est extrêmement compliqué de faire réagir son adversaire.

Des méthodes, il en existe énormément; généralement à partir du jab, ou d’une feinte de jab, voire d’un jab-direct pour les plus rapides.

TJ finalise presque Renan360-mma.com l’avait analysé en entier ici, mais un petit rappel ne fait pas de mal; envoyant son jab-direct, TJ Dillashaw anticipe un check-hook, un contre classique face à cette attaque classique. Il esquive, switch de droitier à gaucher pour se rapprocher de Renan Barao afin de pouvoir placer un direct qui passe. L’exemple parfait pour soutenir la définition; le champion presse, il attaque pour provoquer une réaction chez le challenger qui essaie de contrer. TJ l’anticipe et capitalise avec succès dessus. Cette combinaison est celle qui précède la fin du combat.

Mais il n’y a pas que des attaques engagées qui permettent de donner l’envie à l’adversaire de contrer, ou simplement d’attaquer. Deux experts en la matière pour amener l’adversaire à s’ouvrir; Anderson Silva et, en boxe, Roy Jones Jr.

Roy Jones provoque un contreAnderson provoque Griffin 2










Roy Jones provoque un contre 2Dans les trois cas ici, les deux légendes n’ont pas eu besoin d’attaquer ou de feinter pour provoquer une réaction. Roy Jones donne l’impression à son adversaire d’être une cible facile à attaquer, sans risque de retour. Anderson, quant à lui, presse Forrest Griffin par ses déplacements, le forcant à envoyer des jabs et circuler. Anderson Silva passe de droitier à gaucher (à la Mike Tyson) alors pour couper la trajectoire de l’Américain et capitaliser sur sa faible défense bras tendu. Mouvements de tête, jeu de jambes, réactivité… Les caractéristiques sont retrouvées.


Anderson provoque Griffin 1Un autre exemple parfait, réalisé par Anderson Silva. Ce dernier envoie un direct sans se surengagé dedans, sachant que son adversaire allait contrer. Il esquive alors une combinaison de trois coups; Forrest Griffin se retrouve alors sans garde, dans l’axe du direct d’Anderson Silva, à distance de frappe. Un direct le surprend et lui inflige un Knock Down. A noter; le pied arrière d’Anderson Silva, léger, ajustant en permanence son angle. Les mouvements de tête du Brésilien. Sa réactivité. Les caractéristiques sont à nouveau retrouvées.

Il existe un réel panel de possibilités pour provoquer l’adversaire à réaliser une attaque prévisible. Un panel tellement large que certains en ont fait un style, une signature, ou même un art. De la technique la plus simple; la feinte – la technique la plus sous-utilisée en MMA hélas – jusqu’à un jeu de jambes compliqués, en passant par l’exposition d’une ouverture. L’art de contrer un contre n’est pas de la provocation méchante, c’est une stratégie. Anderson Silva fut beaucoup critiqué suite à sa première défaite face à Chris Weidman; les fans considéraient qu’il avait fait le clown. Il adaptait simplement une stratégie qui lui avait réussie tout au long de sa carrière.

Giorgio Petrosyan provoque HollenbeckL’un des plus bel exemple lors d’un combat professionnel. Giorgio Petrosyan qui sonne Hollenbeck à l’aide de cette stratégie. En garde fermée (gaucher contre gaucher), il tend son bras avant, et le place sur l’épaule avant de son adversaire, l’invitant forcément à réagir. Deux solutions sont possibles: le direct ou le crochet avant. Giorgio se trouvant sur l’extérieur de son adversaire, il savait qu’un crochet par dessus son bras… Petit mouvement de tête arrière au bon moment et il contre avec un crochet avant lui-même. Inattendu pour Hollenbeck qui se retrouve au sol.

Il s’agit probablement du style le plus difficile à travailler; il est risqué, demande énormément de capacité et de travail. Mais ceux qui l’incarnent à la perfection font partie des grands noms de leur sport; entre Andre Ward et Roy Jones Junior, Giorgio Petrosyan, Buakaw, Anderson Silva, TJ Dillashaw, Mighty Mouse et Dominick Cruz; il est certainement intéressant pour beaucoup d’athlètes de s’y pencher davantage et de travailler certaines de ces techniques, ou même incarner cette stratégie pour en faire leur style à part entière.

Puisqu’il manquait quelques exemples, en voici pour finaliser le dossier: Cette stratégie peut également être utilisée pour lutter comme dans deux des cas ci-dessous qui montrent des préparations via des feintes et via un jeu de jambes élaboré:

Cruz provoque Faber Demetrious provoque Benavidez 2 Demetrious provoque Benavidez



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