Body shots, KO ou conséquences cardiovasculaires; partie II

Partie I: Le KO via un coup au foie

Qu’arrive-t-il si un coup au corps ne provoque pas un KO, comme expliqué dans la partie I de ce dossier ? Le coup au corps devient-il inutile ? Absolument pas ! Que le coup manque le foie, ou une autre zone sensible; un rein ou l’estomac, un coup entre le bassin et la poitrine aura un impact certain sur la suite du combat; un impact important puisqu’il affectera le cardio de l’adversaire. Pourquoi ? Comment ?

Un simple coup aura plusieurs conséquences sous différentes formes et chacune de ces conséquences diminuera les performances cardiovasculaires de la victime. Analyse dans l’ordre chronologique des réactions du corps face à un choc dans la zone abdominale. Le tronc du corps humain.

Donald Cerrone snap kick sur MillerPremièrement, le processus de respiration est interrompu; avoir la respiration coupée. Un grand classique dont la langue française en a même fait une expression; cela peut arriver en tombant sur le dos, en ayant une peur soudaine, ou en encaissant un coup puissant au corps. Ces chocs surprennent le diaphragme, ce dernier ne s’attendait pas à devoir se rétracter brusquement à ce moment précis. Suite à ce choc, il faut toujours un temps pour récupérer son souffle. Cela affecte dès lors la respiration, le rythme respiratoire n’est soudainement plus contrôlé par l’athlète. Par conséquent, le rythme cardiaque change. Sur le long terme, cela affecte énormément l’endurance de la victime. Et c’est encore pire lorsque la victime inspire à ce moment ! (Strike on the inhale and there’ll be no exhale – Conor McGregor) Exemple:

Brown Silva body shotsUn marathonien contrôle son souffle pendant 42 km, c’est ce qui lui permet de tenir le coup pendant cette impressionante épreuve. Si les règles imposaient à un marathonien d’arrêter de respirer pendant 5 secondes tous les 5 kilomètres, cela réduirait sa performance; il aurait 5 secondes moins performantes, plus le temps qu’il lui sera nécessaire pour retrouver son souffle, tous les 5 kilomètres. Et encore, ici, ce dernier pourrait anticiper ce changement de rythme. Lors d’un combat, la victime ne décide pas du moment où il encaisse un coup; comme si ce marathonien devait s’arrêter de respirer pendant 5 secondes à chaque coup de sifflet aléatoire dans le public. Ses performances seraient clairement moins bonnes. Sur le court terme, peut-être que cela change peu, au bout de quelques coupures de respiration, l’endurance en prendra un coup !

Ensuite, étroitement lié, il y a la douleur. Oui, les combattants, ce sont des durs, ce sont des warriors, ce sont des machines. Mais un impact au corps, ça fait mal à n’importe qui. Un athlète peut juste sentir l’impact, peut avoir mal deux secondes, ou avoir mal 20 secondes. Il ne le montrera probablement pas, mais dans sa tête, il en est conscient, et il y pense. Pourquoi faire du sport avec une migraine, ou une indigestion est peu efficace ? Parce que l’humain est concentré sur la douleur, et non sur sa respiration ou ses mouvements. C’est exactement pareil avec un coup soudain au corps, que cela fasse mal 2 ou 20 secondes, pendant ce laps de temps, la victime sera légèrement déconcentré; sa respiration ne sera plus la même, sa gestion de l’énergie non plus.

Evans genou au corps d'OrtizDernièrement, il y a la réaction du corps à ce genre de difficulté. Suite à un coup suffisament puissant, le corps subira une lésion. Cette lésion cause un endommagement des vaisseaux sanguins à l’endroit de l’impact ainsi qu’une perte de cellules musculaires, qui forcément doit être soignée. Comme pour le KO, les vaisseaux se seront dilatés et devront rétrécir dans le but de soigner cette zone lésée. Automatiquement, le corps va prioritiser l’envoi de sang à cet endroit endommagé, envoyant alors, entre autres, des globules rouges pour arrêter l’hémorragie. Les globules rouges, ça contient quoi ? De l’oxygène. Dès lors, l’apport d’oxygène sera réduit dans les autres parties du corps, fatiguant alors l’athlète. Et ça, ce n’est pas contrôlable non plus, le corps y réagit, ce n’est pas mental… C’est physiologique une nouvelle fois.

Ce n’est pas tout. Les muscles de l’abdomen régit tous les mouvements utiles en MMA; se pencher vers l’avant, faire une rotation, se pencher en arrière. Un muscle blessé réagit moins bien et demande plus d’énergie pour effectuer un même mouvement. Finalement, la respiration gonfle et dégonfle l’abdomen; si ce dernier est endommagé, respirer fait mal et… Retour au point deux !

La comparaison est simple; un athlète qui encaisse énormément de kicks à sa jambe aura la cuisse endommagée, jusqu’à un point où il ne saura même plus soutenir son propre poids. Lim et Marquardt en ont fait les frais face à Tarec Saffiedine, Uriah Faber face à José Aldo, Dennis Bermudez récemment face à Jeremy Stephens. Ce n’est pas –spécialement– à cause de la douleur; mais à cause de la lésion même, la mort de certaines cellules musculaires jusqu’à ce qu’il n’y en ai plus assez que pour supporter le poids de l’athlète, l’empêchant tout déplacement. C’est pareil au niveau de l’abdomen; moins de cellule musculaire, moins de performance et plus d’énergie requise pour des mouvements simples.

Les coups au corps sont fatiguants parce qu’ils touchent non seulement le corps, mais l’esprit ainsi que la concentration également, et qu’ils provoquent des réactions automatiques (non contrôlées par la victime).

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