L’acte sexuel avant le sport, c’est mauvais ?

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Pas de tabou. Aujourd’hui, 360-mma.com traite d’un sujet timide connu de tout le monde. « Pas de sexe avant le sport », cette règle instaurée depuis longtemps dans de nombreux domaines sportifs. D’où vient-elle ? Est-elle réelle ?

Historiquement, difficile de définir d’où cette idée vient, où ce concept a commencé, mais cela a finalement peu d’importance. Qu’un médecin l’ait dit, qu’un film l’ait lancé ou qu’un athlète professionnel l’ait raconté; la question se pose aujourd’hui, et quelques personnes s’y sont penchées pour fournir une réponse. Un mythe ou une affirmation ?

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Rocky Marciano

« Women weaken legs », nous affirme Mick, dans Rocky. Dans différentes interview, Cassius Clay, plus connu sous Muhammad Ali affirme qu’il n’a pas de rapport sexuel les 6 semaines qui précèdent un combat. Rocky Marciano l’avait aussi précisé, tout comme Sugar Ray Robinson jusqu’à Manny Pacquiao et Quinton Rampage Jackson. Une règle qui traverse le temps, respectée par les plus grands noms des sports de combat. Cependant, certains autres athlètes de haut niveau ne veulent simplement pas y croire; Pat Barry dit que c’est des conneries et Conor McGregor explique lors de son apparence au Conan late-night talk show qu’il essaie d’avoir un maximum de rapports à l’approche d’un combat, et pendant sa préparation. Finalement, certains athlètes, comme Norman Parke, s’abstiennent par défaut; les entraînements deviennent plus rudes, le régime demande beaucoup d’énergie, le combat qui se rapproche occupe tout leur esprit; pas le temps de penser au sexe. Cela n’a rien à voir avec le mythe, c’est juste une question de priorité.

Aussi, qu’en est-il des femmes ? Selon, l’icône féminine du MMA, Ronda Rousey, les femmes doivent avoir un maximum d’orgasmes; son parrain est médecin et lui a expliqué que la testostérone augmentait chez les femmes lors de leur plaisir ultime. A l’inverse, la boxeuse Liz Parr se fiait au mythe et y croyait à 100%.

Pour commencer à répondre à cette question, il faut premièrement comprendre ce qu’il se passe lorsqu’un être humain fait l’amour.

Ronda Rousey

Ronda Rousey

Chez l’homme comme chez la femme, le tout se passe dans la tête. Nos régions génitales possèdent un grand nombre de nerfs qui envoient des informations (plaisantes) à notre cerveau. Notre cerveau a un « centre du plaisir » qui nous laisse savoir lorsque quelque chose est agréable, ce qui renforce l’envie de rééditer l’expérience plaisante. Cela est appelé le circuit de récompense, cela va du rire au sexe, en passant par – malheureusement – certaines drogues. Plusieurs parties du cerveau sont concernées par le plaisir, notamment:

  • Les amygdales – qui régulent les émotions,
  • le noyau accumbens – qui contrôle la libération de dopamine,
  • le cervelet – qui gère les fonctions musculaires,
  • la glande pituitaire – qui libère, entre autres, les beta-endorphines (diminue la douleur).

Qu’il y a-t-il à en tirer là-dedans pour les athlètes ? Pas grand chose. La libération de dopamine peut temporairement affecter la concentration. La légende semble venir du fait que l’orgasme provoque la libération de dopamine et l’augmentation de prolactine, tous deux impliqués dans le niveau de testostérone de l’humain. Cependant, de nombreuses études montrent que cela ne semble pas influencer le niveau de testostérone.

Finalement, le dernier argument pourrait venir du fait que l’acte sexuel accumule du dioxyde de carbonne, ce qui explique la fatigue musculaire (surtout au niveau des jambes) post-coïtale. Cependant, ces déchets sont rapidement réabsorbés. Il est courant, surtout chez l’homme, de se sentir relaxé, voire fatigué, après l’orgasme, jusqu’à avoir les jambes faibles. Ces conséquences semblent donner raison à ceux qui s’abstiennent sexuellement avant un événement sportif important !

Bien que l’expérience humaine tend à affirmer que le sexe est à éviter à l’approche d’un effort, les médecins qui se penchent sur la question n’y trouvent pas une explication claire: Dr. Ian Shrier, médecin sportif à l’Université de McGill a rédigé sur Askmen.com que l’activité sexuelle n’a aucune influence sur la force, la puissance, la balance, l’endurance, le mouvement ou le temps de réaction de l’homme ! La seule crainte de ce médecin serait que l’athlète se fatigue de trop lors de l’acte. Toutefois, en moyenne, une relation brûle seulement 50 calories, autant que monter quelques étages par les escaliers.

Dr. Neil Baum, urologue, fait taire les rumeurs en regard à la testostérone (trad.): « Je n’ai jamais vu la moindre évidence qui prouve que le sexe a une influence sur le niveau de testostérone, l’hormone libérée lors d’une performance sportive intense. Donc, si vous vous abstenez, vous ne stockrez pas davantage de testostérone que vous pourrez extraire plus tard ».

Différentes études ont par la suite démontrées que l’abstinence n’avait qu’un très léger impact sur le niveau de testostérone. Physiquement, physiologiquement, rien ne va dans le sens de ce mythe. Il reste alors l’expérience sur les humains directement:

WeightlifLa NCBI (National Center for Biotechnology Information) a enquêté sur l’effet de l’activité sexuelle sur les performances cardiaques, le niveau de testostérone et la capacité à se concentrer. L’expérience réalisée sur 15 athlètes masculins de haut niveau (8 de sports en équipe, 5 de sports d’endurance, 2 haltérophiles) confirment les études médicales et scientifiques; aucune différence de la charge maximale que les athlètes peuvent supporter, ni sur la concentration mentale. Néanmoins, le rythme cardiaque post-effort était plus élevé lors des tests endéans les deux heures post-coïtales. Cela signifie que la récupération est moins bonne après un rapport sexuel ayant eu lieu dans les deux heures qui précèdent l’effort. Cette différence avait totalement disparue lors des tests 10 heures après l’activité adulte.

Pour ne pas se baser sur une seule source, Sport Science (National Geographic) a réalisé des tests similaires sur 2 boxeurs; Chris Byrd et sur Liz Parr, pour vérifier l’effet du sexe chez le sportif et la sportive. Tous les deux ont été soumis à des exercices de force pure, de rapidité, de limite cardiovasculaire et sanguin (pour le taux de testostérone). Le jour 1, ils s’étaient abstenus sexuellement pendant quelques jours, ils allaient ensuite passer une nuit adulte avec leur compagnon afin de réaliser les mêmes exercices le lendemain. Les résultats sont surprenants:

  • Chris Byrd augmentait légèrement la force dans ses jambes (908 lbs à 909 lbs), son rythme cardiaque maximal restait inchangé (180 BPM), et sa force de frappe augmentait de 15% (1128 lbs à 1304lbs). Son taux de testostérone augmentait lui aussi; il passe de 325ng par litre à 462ng par litre… Plus de 20% d’augmentation !
  • Liz Parr avait une force de frappe de 632lbs avant la relation, celle-ci passait à 876 lbs. Le rythme cardiaque restait également inchangé, mais sa vitesse était en légère hausse; de 155 coups en 30 secondes à 160. Finalement, Liz avait 30% de testostérone en plus dans son sang.
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Chris Byrd

C’est clair, physiquement, le sexe avant l’effort athlétique n’a aucune conséquence négative ! Cela pourrait, selon les expériences – sans fondation scientifique ni médicale – justement améliorer les performances. Les tests sanguins ne mentent pas; en revanche les tests sur les humains sont à prendre avec des pincettes; le sexe n’est pas le seul facteur dans la performance; la fatigue, la digestion, la motivation, l’hydratation et bien d’autres éléments peuvent influencer un résultat sportif !

Ce n’est pas fini ! Un professeur en endocrinologie, Dr. Emmanuel Jannini, rejoint Dr Ian Shrier (traduit): « Il existe deux possibilités pour que le sexe avant une compétition influence la performance. La première serait de fatiguer et affaiblir l’athlète pour le lendemain. Cela a été scientifiquement démenti. La deuxième suggère que le sexe affecte l’était d’esprit psychologique« .

Une réflexion intéressante. Si ce n’est pas physique, cette sensation d’être moins performant après le sexe pourrait être mentale. Voire biologique ! En effet, l’impératif biologique de l’homme, et de toute espèce vivante, est la reproduction. Il existe des théories sur le succès qui tendent à expliquer qu’un mâle qui ferait trop l’amour aura du mal à réussir dans la vie. L’homme est motivé par le sexe majoritairement. Cette théorie va plus loin en insistant que si l’Homme ne pouvait pas faire l’amour, il n’y aurait jamais eu de grand musicien, artiste, businessman ou athlète.

L’orgasme masculin éloignerait la recherche du succès et affaiblirait l’esprit compétitif ! En effet, en ayant un rapport sexuel, l’homme perd l’envie d’en avoir un autre, et perd en conséquence cette volonté de réussir au sens large. Dans le domaine sportif, cela se traduit par la perte du désir de réaliser une belle performance, puisque ce dernier a déjà atteint le but premier humain: faire l’amour. D’ailleurs, nombreuses sont les personnes basées sur le principe suivant: « masturbe-toi avant de prendre une décision importante » – des études montrent que cela aide le ou la concernée à s’assurer qu’il a réellement envie de prendre une direction plutôt qu’une autre.

Tao of Jeet Kune DoEn conclusion, est-ce un mythe ? Physiquement, oui. Cela ne change en rien le taux de testostérone; ce niveau semble même augmenter suite à une nuit satisfaisante. Mentalement, pas spécialement. C’est à chacun de se poser la question si l’acte sexuel lui enlève la motivation de réussir. Certains combattants ont besoin de cette rage, ou cette peur en montant sur le ring ou en entrant dans la cage; pour eux, l’abstinence peut se justifier. Ceci dit, selon Bruce Lee dans son ouvrage Tao Of Jeet Kune Do, il faut éviter de combattre avec des sentiments, cela représente un élément bloquant à être soi-même. L’athlète n’est plus libre d’exercer son art, d’atteindre son but s’il il est régit par ces sentiments comme la peur ou la rage.

Toutefois, le sexe n’est pas le seul facteur qui influence la performance athlétique. Le sommeil également. Sommeil et sport sont liés; voir article ici. Le sexe et le sommeil sont également liés; l’être humain dort mieux après l’orgasme.

Sources:
FSN Sport Science – Myths – Episode 7
Sport Science Female Sex Test
http://www.expertboxing.com/boxing-basics/boxing-tips/the-real-reason-why-no-sex-before-a-fight
http://bleacherreport.com/articles/1218218-mma-myth-or-fact-does-sex-before-a-fight-weaken-a-fighter
http://www.scifighting.com/2013/12/16/20899/sex-fight-matter/http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11125766
http://health.howstuffworks.com/sexual-health/sexuality/brain-during-orgasm1.htm



Catégories :Dossier

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4 réponses

  1. sur le sujet , vous connaissez ?

Rétroliens

  1. Le cercle vertueux entre le sport et le sommeil | 360-MMA

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