Les trois choix offensifs #1: l’attaque

(Article inspiré de ce chef d’oeuvre de Jack Slack)

Dans toute forme de combat, un athlète possède 3 choix à tout moment de l’affrontement. Et un quatrième, la retraite, qui sera un choix purement défensif, lui-même peut éventuellement être divisé en plusieurs catégories; bloquer et circuler, esquiver et reculer, esquiver et neutraliser (clinch en boxe, contrôle contre la cage en MMA).

360-mma.com aborde les choix offensifs; l’alternative la plus intéressante à prendre lors d’un affrontement puisque seul un engagement peut finaliser un combat. Il en existe trois: l’attaque, le contre asynchrone (ou différé) et le contre synchronisé (ou simultané). Aujourd’hui, dans cette première partie, c’est le premier choix qui sera expliqué.

L’attaque, l’action d’initier, ou initier l’action. Sans initiation, il n’y a pas de combat; si les deux athlètes montent sur le ring, ou dans la cage dans le but unique de contrer sans jamais engager en premier, les deux adversaires vont s’observer jusqu’à une décision qui dépendra uniquement du contrôle de la cage. Implicite dans cette introduction, le fait d’initier met le combattant à risque d’être contré. Et c’est là que ça devient intéressant; en effet, tout le monde sait ce qu’est une attaque, pas besoin d’en faire un article… Quoi que.

Entraîner ses attaques sur un sac de frappe, c’est bien pour travailler sa technique, sa puissance de frappe et/ou sa vitesse. Eventuellement même son jeu de jambes. Un sac, ça ne contre pas, contrairement à un adversaire qui, lui, en a l’opportunité. Il existe différentes manière d’initier une attaque, le but étant dans tous les cas d’engager sans se faire contrer:

1) Le coup sans engagement à distance

L’initiation la moins risquée, probablement la plus intelligente par conséquent. Il s’agit d’envoyer un seul coup, en maintenant une bonne distance, sans trop s’engager dans le technique de sorte à pouvoir se retracter immédiatement après l’envoi de ce dernier. Cette option est à la fois la moins risquée, mais aussi celle qui offre le moins de gain; la probabilité de finaliser un adversaire via un coup sans engagement à distance est faible et, aux yeux des juges, cela ne vaut pas grand chose. De plus, initier l’attaque sans préparation (sans feinte, ou sans travail d’angle, par exemple) se fera obligatoirement sur un adversaire dans une posture idéale, avec sa garde classique, prêt à bloquer ou à contrer. Cela rend le tout encore plus difficile; la vitesse et l’explosivité seront les deux facteurs clés. En cas de réussite, il permet de gagner un simple échange et de calculer la réaction de l’opposition. Il existe plusieurs coups de ce type:

GSP jab KoscheckLe grand classique, le jab. Un seul jab. Cela semble très simple, c’est la technique la plus utilisée dans la majorité des sports de combat et tout le monde sait envoyer un jab. Néanmoins, perfectionner cette technique de sorte à pouvoir toucher l’adversaire sans se faire contrer, ça en devient presqu’un art à part entière. En MMA, le maître de cette technique est (était ?) Georges St-Pierre. Ce dernier arrivait à exploser, transférant sa masse de son pied arrière à son pied avant, gagner quelques centimètres en avancant son pied avant, placer rapidement son jab entre la garde de son adversaire, et sortir de la zone de danger.

Cerrone snap pushkick sur MillerMoins fréquent en MMA, plus fréquent en Kickboxing (Semmy Schilt), le push (snap) kick, et le front (snap kick). Ces coups permettent également de maintenir l’adversaire à distance sans se mettre trop à découvert d’une amenée au sol ou d’un contre. Récemment, c’est un outil que Donald Cerrone a ajouté dans son arsenal jusqu’à même en faire une arme redoutable puisqu’elle a mis Jim Miller en difficulté lors de leur rencontre. Le snap kick sera préféré, puisqu’il est plus rapide et peut éventuellement finir un combat, lorsqu’envoyé au visage (Anderson Silva face à Vitor Belfort, Travis Browne face à Alistair Overeem).

Jones Oblique Kick sur BelfortFinalement, la Jon Jones. Cet oblique kick, aussi appelé low line side kick que de nombreuses personnes considèrent comme un « dirty move », un coup qui manque de fair play. Cependant, ce dernier a de nombreux avantages; il est extrêmement difficile à défendre et à contrer, à répitition, il fait très mal et il transfère la masse de l’adversaire sur la jambe arrière. Le seul risque est de mal viser; en effet, attaquer le genou à l’aide de ce coup de pied est interdit dans beaucoup d’organisations MMA !


2) L’attaque via un travail d’angle

Dominick Cruz anglesBeaucoup d’entraînements défensifs sont basés sur une attaque venant de l’adversaire initiant de face. L’entraîneur commence par « votre adversaire envoie un jab », ou un direct, ou un kick. Peu importe, rares sont les entraînements défensifs, où les techniques de contre sont apprises via un travail d’angle qui précède l’initiation. Dès lors, cette option est réellement efficace et en fait le succès de Dominick Cruz, de TJ Dillashaw et de Demetrious Johnson. Il s’agit de se déplacer de sorte à sortir de la ligne (l’axe d’attaque – lorsque deux adversaires sont l’un face à l’autre, on parle de la ligne invisible qui va du milieu des deux pieds d’un athlète au milieu des deux pieds de l’autre athlète); idéalement en un seul pas. Lorsqu’un combattant change d’angle, l’adversaire pivote, mais cela demande un petit temps de réaction et cette rotation empêche la victime de frapper correctement.

Pour de nombreux exemples; l’article (disponible en cliquant ici) sur la seconde victoire de TJ Dillashaw face à Renan Barao est une mine d’or.


3) L’attaque suite au hand trap

Le hand trap, cette tactique qui consiste à exploiter une main pour éliminer l’utilité d’une main de l’adversaire. Classique dans les combats à garde fermée (droitier contre droitier – orthodoxe, ou gaucher contre gaucher – southpaw) dont ce blog a déjà beaucoup traité (Machida & Romero ici, Robbie Lawler dans cet article ou Carlos Condit dans celui-ci).

Hand trap - Brown sur RobbieMatt Brown contre Robbie Lawler est un classique pour un combat en garde fermée; guerre de main, guerre de pied avant sur l’extérieur, c’était techniquement superbe. Dans la séquence sur la droite, c’est Matt Brown qui bat le champion actuel à son propre jeu, sa main avant contrôle la main avant de Robbie, devenant alors obsolète. Robbie tente de contrôler l’autre main de son adversaire, qui initie avec un coude et réitère de l’autre côté. Superbe exemple.

Note importante: le travail d’angle se couple avec cette technique; attraper la main de l’adversaire la rend obsolète, mais il faut travailler l’angle pour que l’autre main ne soit pas en mesure de contrer… Tout en gardant la possibilité d’attaquer avec notre main libre bien entendu.


4) L’attaque indirecte progressive

L’utilisation de feinte pour détourner l’attention de l’adversaire et attaquer ailleurs. Un livre entier pourrait être écrit sur les feintes. Ce qu’il faut retenir dans les grands lignes, c’est qu’une feinte fonctionne si l’adversaire craint l’attaque feintée. Rater 15 jabs puis le feinter sera inutile. Une feinte réussie créé une réaction; un contre, un bloc, un pas. L’attaque progressive indirecte peut simplement consister en feintant pour que l’adversaire contre dans le vent; ce qui est à la fois frustrant et fatiguant. Mais pour en tirer un avantage, il est mieux de feinter pour attaquer. Et ça, c’est tout un art. Il faut à la fois un contrôle de son propre corps hors du commun, puisqu’il y a un changement de rythme dans le mouvement, mais aussi une lecture du jeu développée, puisqu’il faut anticiper la réaction de l’adversaire. Carlos Condit et Joanna en sont de très bons exemples.

D’ailleurs, l’exemple suivant est parfait pour illustrer cet aspect de l’initiation. Carlos feinte un direct pour que Thiago Alves le bloque avec sa main droite, qui baisse alors d’un niveau avec de pouvoir placer un coude puissant au visage du Brésilien. Pas de force dans le direct, juste la feinte, en revanche, accélération du rythme pour le coude afin que ce dernier ait de l’impact; en l’occurence, un Knock Down qui mène à la fin du combat.

5) La combinaison

La forme la plus classique de l’attaque non-singulière, la combinaison. Ici aussi, cela peut sembler simple; tout le monde travaille des combinaisons aux entraînements, du classique jab-direct-crochet-kick en alternance jusqu’à des combinaisons plus flashy. En combat, cela est bien plus difficile à réussir, puisque l’adversaire peut contrer; et l’envoi de plusieurs coups consécutifs signifie de rester à distance de frappe pendant toute la durée de l’échange. Le but visé se rapproche de la méthode précédente, il faut amener l’adversaire à se protéger une partie du corps à cause du premier, voire du deuxième coup pour attaquer une partie non protégée avec les coups suivants. Jab-direct au visage, l’adversaire monte la garde laissant alors le corps ouvert pour un crochet ou un middle kick. Ou simplement, le crochet avant déplacant le poids de l’adversaire sur sa jambe avant, rendant le check d’un low-kick difficile. Le roi en la matière ? Nick Diaz.


6) Provoquer un contre et le contrer.

Situé entre l’initiation et le contre, puisqu’il s’agit d’initier l’action qui provoquera un contre prévisible. Pas besoin de description lorsqu’un article entier existe déjà dessus… Bonne lecture !

Il pourrait y exister une 7e catégorie; ceux qui initient sans penser au contre et qui essaie de donner un coup de plus que leur adversaire; les brawlers, comme Diego Sanchez. Cependant, cela ne fait réellement pas partie des techniques intéressantes ou intelligentes. Désolé Diego.

Chapitre #2: les contres asynchrones.



Catégories :Dossier

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Rétroliens

  1. Les trois choix offensifs #2: le contre asynchrone | 360-MMA
  2. Les trois choix offensifs #3: le contre synchronisé | 360-MMA

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