A la rencontre d’Anatpong « Mak Mak » Bunrad

Anatpong Bunrad, que tout le monde appelle Mak est un belgo-thaïlandais âgé de 29 ans qui combat au One FC; la plus grande organisation MMA en Asie. Au record professionnel de 5 victoires, dont déjà 2 au OneFC pour une seule défaite, l’athlète se rapproche doucement, mais sûrement d’une chance pour la ceinture flyweight de l’organisation. C’est via un parcours assez complet qu’Anatpong se retrouve là où il en est aujourd’hui:

Cela fait 9 ans que je pratique du MMA.J’ai commencé par du karaté et de la boxe thaï. De là, j’ai fait la transition vers le MMA; c’est venu naturellement puisque je viens du Karaté Shihaishinkai, qui s’en rapproche fort et m’a poussé vers cette discipline. Personnellement, j’adhère plus au MMA parce que c’est complet; on apprend tous les jours. Ce choix est venu automatiquement.

Anatpong est actuellement le seul représentant Belge au OneFC, organisation dans laquelle il est arrivé grâce à son manager, Gokhan:

C’est simple, je fais confiance en mon manager Gokhan et son projet Duello Sport Management. Il est dans le milieu depuis bientôt une vingtaine d’année et il sait ce qu’il faut faire quand il faut le faire. Et donc me voilà à faire mes premiers pas dans la cage du OneFC.

FlamboyantOpulentBeardeddragonEt quels premiers pas.. !! Il n’a fallu à « Mak » que 26 secondes pour se voir obtenir la victoire par KO, via un push kick au foie qui fait très mal à son adversaire, Marc Marcellinus, suivi d’un soccer kick au visage (voir image de gauche).

Ensuite, c’est à son tour de s’effondrer… En larmes de joie. La pression était telle que cette victoire l’a fait réagir de la sorte; pression du premier combat dans une organisation majeure, pression de représenter la Thaïlande et la Belgique;

Dès que j’ai gagné, tout est ressorti, naturellement. « Je l’ai fait, j’ai réussi »; c’est ce à quoi j’ai immédiatement pensé. Je suis venu ici, je me suis entraîné dur. J’étais super content, c’est difficile à exprimer, c’était une grosse émotion qui est sortie d’un coup. Il faut le vivre pour le comprendre (rires). Mais c’était génial.

Mak s’entraîne partiellement à Ringside, sur Bruxelles, Louvain et en Hollande. La répartition de ses entraînements dépend de son adversaire; ses points forts, ses points faibles, mais aussi de ses propres qualités et défauts en tant que combattant. A la base, la Belgique (et la Hollande), c’est sa routine – il a l’habitude de s’entraîner là, et il s’y entretient. Après, c’est selon ce qu’il doit travailler; sa lutte, son sol, son striking, etc. que son équipe décidera de l’envoyer dans un camp ou l’autre. Par exemple, pour son premier combat au OneFC, il a fait son camp d’entraînement à la Phuket Top Team, où il est retourné pour son précédent combat puisqu’il a pu s’y entraîner avec les mêmes partenaires d’entraînement. Cependant, à l’avenir, son manager a pour objectif de le faire rester dans le pays plat et d’éventuellement ramener des coachs et training partners afin d’optimiser son camp d’entraînement à l’approche d’une échéance.

Le côté analytique avant un combat n’est pas du tout délaissé;

On s’assoit tous autour d’une table et on regarde ce qu’on doit faire pour se préparer face à l’adversaire définit en analysant en profondeur son style, le mien et comment nous nous accordons. Mon équipe est composée de mes coachs; mon coach de MMA Laurent ici à Ringside, mon coach de Jiu Jitsu Wim Deputter, Gokhan qui s’occupe aussi de mon striking, et Richard mon préparateur physique de la Power Factory; ainsi qu’un coach de Muay Thai en Thaïlande qu’on appelle via Skype.

Anatpong Mak Mak BunradUne stratégie qui fonctionne puisqu’il emporte son deuxième combat à la décision, face à Gaeje Eustaquio – l’athlète qui venait de perdre face au champion de la catégorie Adriano Moraes. Un combat serré et tactique pendant lequel l’aspect stratégique travaillé est clairement visible puisque le poulain de Ringside force son adversaire à sortir de sa zone de confort (le contre). De fait, via cette victoire, il se rapproche d’une chance pour cette ceinture, mais le Belge, à l’image de ses compatriotes de haut niveau comme Tarec Saffiedine, Cindy Dandois, ou même Ryad Merhy en boxe anglaise, garde la tête sur les épaules avec une philosophie intéressante:

Cette deuxième victoire m’a mis en confiance; cela me prouve que je sais gérer un combat dur pendant 15 minutes, rester concentré, suivre la stratégie, écouter les directives et être à l’aise dans la cage. Ceci dit, je ne prends jamais un combat à la légère. Je ne sais pas face à qui je vais tomber, la nouvelle pourrait tomber la semaine prochaine, mais peu importe qui ce sera, je serai à 100% et je ne le sous-estimerai pas !

Je prends ma carrière au jour le jour. Je ne me focalise pas sur la ceinture; si on me propose de combattre Adriano, je prends, même si je préfère avoir un autre combat avant pour prendre mon temps. Et si le One FC me fait combattre un autre, tant mieux. Je verrai après ce qu’ils décident pour la suite de ma carrière. Je me concentre sur moi; faire mes entraînements, développer mes compétences et faire le plus de combats possibles pour l’expérience. Pas de précipitation; doucement mais sûrement !

Malgré que cette victoire le place dans le top5 de sa catégorie, il continue de travailler dur à côté. En effet, le jeune Anatpong connait les joies du statut d’indépendant en Belgique puisqu’il a sa société avec sa mère dans laquelle il se donne à 100%. Il travaille à plein temps, et le MMA reste une passion dans laquelle il se donne à 100%. Une vie active qui mérite du respect.

Je considère que de nos jours, rien n’est acquis. Je peux m’entraîner demain et me casser un bras, et si je n’ai pas de boulot à côté, je n’ai plus rien. Ici, je travaille comme indépendant, donc, si je me blesse, j’ai encore ça pour vivre. Je peux avancer dans le MMA, tout en avancant dans mon travail en tant que traiteur indépendant.

En plus d’être professionnel, il est un fan du sport. Anatpong regarde tous les OneFC et se renseigne sur l’UFC. Il n’a cependant pas d’athlète préféré; il respecte tous ceux qui mettent un pied dans la cage et est pour le spectacle lorsqu’il se positionne en tant que fan. Pour lui, c’est un avantage d’être fan de son propre sport; cela signifie qu’il y prend du plaisir; qu’on y donne son coeur. La curiosité, selon lui, sert énormément à la carrière d’un athlète.

Finalement, vous vous posez certainement la question de son surnom. D’où vient « Mak Mak » ? Personnellement, je pensais que ça venait de « Ong Bak », du coup, je l’appelais « Ong Mak », avant de l’appeler « I DON’ TALK » – mais ça, c’est une autre histoire ;-). Revenons au sérieux de cette entrevue avec l’explication qui se cache derrière ce surnom intéressant:

Mak Mak, ça se traduit par « beaucoup ». C’est assez difficile d’expliquer le contexte, mais j’ai ce surnom depuis que je suis tout petit. Il se colle cependant parfaitement à moi aujourd’hui dans le domaine sportif, parce que je suis complet; je sais faire beaucoup de choses: je sais faire de la boxe Thaï, je sais faire de la lutte, je suis ceinture violette de Jiujitsu, je suis ceinture noire de karaté Shihaishinkai. Quand j’étais enfant, on m’appelait comme ça parce que je faisais beaucoup de choses, même trop. J’ai fait les 4.000 coups et ça vient de là, et aujourd’hui, cela s’accorde à faire beaucoup de choses, mais plus intéressantes; notamment le fait d’être actif sur deux axes – le MMA et le travail.

Désolé les filles, cet homme hors du commun est pris par une femme dont il avoue avoir entièrement besoin, qui, en plus de le soutenir à 100%, arrive à le garder sur le bon chemin.



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