Demetrious Johnson: c’est en forgeant…

C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Bruce Lee l’avait dit:

I fear not the man who has practiced 10,000 kicks once, but I fear the man who has practiced one kick 10,000 times.

Georges St-Pierre l’avait confirmé. Avant que Demetrious ‘Mighty Mouse’ Johnson ne défende sa ceinture pour la deuxième fois face à John Dodson, les fans et analystes de MMA qui s’adonnaient au jeu des prédictions balancaient tous la même phrase: « Demetrious a plus évolué que John depuis leur premier affrontement ». Le week-end passé, lors du main event de l’UFC 191 à Las Vegas, Demetrious Johnson a prouvé sa supériorité face à son challenger surnommé « The Magician ». Cependant, ce n’est pas une évolution qui a amené cette 7e défense de ceinture à un combat à sens unique… C’est un perfectionnement.

En effet, le champion n’a pas adopté une stratégie complètement différente de celle 2 ans et demi plus tôt. Le champion n’a pas reproduit les mêmes erreurs que celles du 26 janvier 2013. Le champion est resté simple dans son approche. Simple en italique parce que son jeu est ultra-développé, ultra-travaillé, mais n’est pas extravagant pour autant.

Johnson step hook

Un direct, un step-hook, un double collar tie, un jeu de jambes permettant un contrôle de la cage et une pression constante, et des changements de niveau (l’image animée ci-dessus résume le champion). Rien de nouveau chez celui qui défendait sa ceinture pour la septième fois, avec succès. Rien de nouveau (si ce n’est le travail au corps à partir du single leg), certes, mais tout en amélioré.

GSP jab KoscheckEn entrant dans la cage pour faire face à GSP, son adversaire savait deux choses; il allait encaisser des jabs et il allait se faire mettre sur le dos. Même en étant conscient de ces risques, l’adversaire du meilleur poids welter de tous les temps ne savait empêcher ce dernier de faire ce qu’il faisait de mieux et c’est là que réside le génie.

John Dodson monte dans l’Octogone avec un objectif; battre Demetrious. Avec une connaissance; il presse et si on bouge sur sa droite, il coupe avec un step hook et cherche le double collar tie. Si on reste face à lui, il travaille son direct ou ses amenées au sol. Que s’est-il passé samedi ? Demetrious a pressé, a placé ses step-hooks, a fermé la distance pour chercher le double collar tie, a placé ses directs et a travaillé ses amenées au sol. John Dodson le savait. John Dodson s’est entraîné face à cela. Mais Demetrious Johnson réalsait ça trop parfaitement que pour être contré. Demetrious Johnson garde sa ceinture.

Certes, le challenger a défendu (presque) tous les takedowns du champion. Cependant, ce dernier a gardé une position dominante dans plus de la moitié de ces situations et en a tiré un avantage au final. Le challenger était ultra réactif face à ses amenées au sol, ce qui a aussi permis à Demetrious Johnson de le garder sur la lutte défensive afin de travailler son striking offensif. Finalement, il semblait que John ne voulait plus de la ceinture à partir du troisième round; il ne prenait plus la moindre initiative. Comme s’il savait que c’était une tâche impossible. Bien qu’à la fin de cette troisième reprise, il aurait pu reprendre espoir avec le highlight de son combat (voir ci-dessous), le champion a contrôlé cette revanche à 98%.Dodson contre le flying knee de Johnson

Est-ce que cette performance lui permettra d’avoir plus de fans à l’avenir et faire sauter les PPVs ? Malheureusement, non. Nombreux sont ceux qui lui reprochent de manquer de personnalité (aucun trash-talk) et nombreux sont ceux qui lui reprochent de ne pas être excitant (malgré 4 finalisations sur 7 défense de titre, un meilleur ratio que Jon Jones). Cette performance n’avait rien de nouveau; certains sauront apprécier cette perfection technique et continueront à acheter les cartes qu’il headline. Mais les chiffres ne vont pas augmenter et ce n’est certainement pas le reste de la carte qui l’a aidé;

Page VanZant. Okay, performance dominante, belle réalisation de clé de bras. Cependant, casser la distance en avançant bras ouverts, ce n’est pas la meilleure solution. Heureusement que son adversaire Alex Chambers était incapable d’en tirer avantage.

Jan Błachowicz, fatigué après 4 minutes d’un combat qui n’est pas ultra-intense. Et Corey Anderson incapable de finaliser un adversaire endormi.

Heureusement, Anthony Johnson inflige un joli highlight une nouvelle fois en générant une puissance hors du commun malgré une posture assez carrée. A la Mike Tyson.

Lineker Rivera Kayak CrawlFinalement, un très lent co-main event. Non, la carte n’a pas aidé le champion flyweight à vendre ses ultérieures défenses. Pour finir, cette carte a produit un magnifique combat qui mérite les honneurs du Fight Of The Night; Ross Pearson contre Paul Felder. Malheureusement, l’UFC préfère les bagarres de bistro et ont honoré John « Le Kayak » Lineker et Fransisco « Le Crawl » Rivera pour leurs performances de sports nautiques sans eau.

Mir Arlovski



Catégories :Couverture, Post-Analyse

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