A la rencontre de Tom « Fire Kid » Duquesnoy

Il est très rare que j’écrive un article à la première personne, mais cela en vaut la peine cette-fois puisque j’ai eu la chance d’interviewer le jeune Tom Duquesnoy. Jeune de son âge; 22 ans, il se démarque par ses performances, mais aussi par sa mentalité. J’ai toujours trouvé cela incroyable d’apprendre des choses de quelqu’un de plus jeune que soi, et cela impose le respect ! Loin de moi l’envie de me faire passer pour un vétéran, mais les réponses de ce gamin m’ont simplement laissées sans voix. Heureusement donc qu’il s’agissait d’une interview écrite.

Le 13 avril 2013, je me rends à Anderlecht, Bruxelles, pour remplir mon rôle de juge de la BMMAF à l’occasion de la quatrième édition du Belgium Beatdown, organisé par Ludo Boulvin. A la carte, une douzaine de combats pro, incluant un tournoi entre 4 athlètes de moins de 66 kg. A la fin de cette soirée, il était facile de déterminer que le vainqueur du tournoi avait du talent; ceci étant dit, je me souviens avoir pensé quelque chose dans le goût de « Hé bien merde. Ce ket-là à quelque chose. » En en discutant avec quelques amis sur place, nous étions unanimes, le parcours de Tom Duquesnoy, décrochant la ceinture du Belgium Beatdown, n’allait pas s’arrêter à la scène régionale.

Et en effet, un quadrimestre plus tard, il s’en allait finaliser Scott Hunt en Angleterre, se faisant alors repérer par cette grosse organisation Anglaise; le BAMMA. 4 mois plus tard, il monte dans la cage de cette organisation et confirme nos pronostiques; il se débarrasse de James Saville dans la deuxième reprise, lui valant un shot pour la ceinture vacante des featherweights de l’organisation face à Teddy Violet. Un triangle plus tard et le voilà la ceinture autour du bassin. Le champion connait ensuite un No Contest lors de sa première défense, mais confirme son talent dans sa défense suivante en finalisant Krzysztof Klaczek. Et le voilà aujourd’hui prêt à défendre sa ceinture une nouvelle fois lors du BAMMA 22 ce 19 septembre à Dublin.

Tom Duquesnoy bat James Saville

Cela faisait longtemps que je souhaitais établir le contact avec Fire kid. Mais vous savez, il y a toujours des choses dans la vie qui se font attendre et qui trainent, et qui trainent. Mais c’est chose faite, maintenant. Cette entrevue vaut tellement de l’or que j’ai hésité à simplement copier-coller mes questions et ses réponses. Toutefois, une telle sagesse mérite un peu de travail, et me voici enfin parti dans la partie intéressante: le portrait-interview du Lensois qui combat chez les pro depuis l’âge de 18ans qui m’explique comment il a débarqué dans ce sport:

Au début, c’était pour apprendre à me défendre et développer les valeurs que représentent le sport. Ensuite, j’y ai vu un moyen de poursuivre mes idéaux; à savoir, avoir une bonne hygiène physique et mentale, voyager pour découvrir des nouvelles techniques, des nouvelles cultures. D’un point de vue professionnel, et au vu de mes possibilités dans ce sport, c’était aussi le moyen – mais pas sans risque – de m’assurer un avenir financier. La vitrine MMA étant mondialement diffusée, je pense aussi qu’il y a un après carrière avec différents horizons possibles.

Boom. Soyons honnêtes, avec une telle réponse à une question qui paraît si simple, je savais directement que j’étais parti pour une chouette lecture. Et c’est donc avec excitation que je me suis empressé de lire la suite. Une maturité que je comprends assez rapidement puisque la question suivante abordait le sujet classique d’un athlète de haut niveau; à partir de quel moment il se voyait entreprendre une carrière dans la discipline;

D’un commun accord avec mon père, on s’est dit qu’une fois l’obtention du bac, j’aurai la possibilité de mettre mes études de côté pour une année afin de me consacrer à l’entraînement et aux combats. Pour finir, tout s’est bien passé cette première année et jusqu’à présent. Et j’espère que ça va continuer.

Une décision qu’on appelle « un risque contrôlé » dans le management. Un domaine qui m’a toujours fasciné et je suis donc une nouvelle fois surpris par le caractère de ce gars né 4 ans avant moi. C’est donc avec intérêt que je me plongeais dans sa prochaine réponse; une question que j’aime beaucoup par ailleurs. A tout athlète qui a goûté à la défaite, j’écris toujours « On ne perd jamais, soit on gagne, soit on apprend » et je me permets de leur demander leur avis sur la phrase…

Je pense que si la défaite ne te construit pas, ce sport n’est pas fait pour toi.

De visu, je sais et je conseille à tous d’éviter ces organisations frauduleuses où tout est fait pour favoriser les locaux et pénaliser les étrangers. Horaires d’avions tardifs; la veille, pas de pesée officielle et balance truquée.

Tom Duquesnoy soumet Andrew ElliottLe passé bien couvert, il est maintenant temps de se concentrer à son avenir. En parlant à de fins connaisseurs de notre discipline, j’ai souvent entendu de l’étonnement chez ces derniers lorsque nous discutions du Français. Pourquoi n’est-il pas encore à l’UFC ? Une question qui se posait également pour Jimi Manuwa ou Arnold Allen il y a quelques temps. La réponse est à la fois très simple et à la fois lourde de sens. C’est une nouvelle grande qualité dont nous fait preuve l’athlète qui s’entraîne à 70% à Albuquerque (Jackson-Wink MMA) et à 30% sur Paris; il a la tête sur les épaules ! Une vertu cruciale dans le domaine des Arts Martiaux Mixtes.

L’UFC me demande depuis deux ans maintenant de signer avec eux. La question est plus « quel est mon objectif à l’UFC ? » Je souhaite y entrer quand je serai à mon plus haut niveau. J’aime cette expression: « quand tu es prêt pour être professionnel tu entres en amateur. Quand tu es prêt pour aller à l’UFC, tu commences professionnel. Et quand tu as le niveau pour la ceinture de l’UFC, tu signes à l’UFC. »

Une vision long-terme qui a du sens pour ce talent qui prend son temps. Voyons alors le court terme; à savoir, sa prochaine échéance. Ce samedi, il fera face à Brendan Loughnane; 25 ans au palmarès identique à celui de Tom, c’est-à-dire 10 victoires pour une défaite.

Il aura du poids en plus car il cut beaucoup, et il est plus grand aussi.
Généralement, je m’adapte directement pendant le combat. En amont, je regarde ses forces et faiblesses, puis les miennes et je garde les grands axes en tête.
Je combattrai avec mes armes habituelles qui ont été aiguisées chez Jackson-Wink pendant deux mois.

Simple. Humble. Celui qui est fort inspiré par le champion UFC de sa propre catégorie de poids, José Aldo Jr, pour son humilité et son efficacité ne fait pas dans le trash-talk. Il se sent prêt pour son nouveau challenge et semble s’être bien préparé dans l’une des écuries les plus connues de la MMAsphère; un pas qui a d’ailleurs été important, selon lui, dans sa carrière puisqu’il est très difficile de bien se développer dans le pays au drapeau bleu, blanc et rouge:

Les USA sont la première nation du MMA et le business lié à ce sport se trouve là-bas. A contrario, la France fait partie des quelques pays au monde où le MMA est interdit, avec tous les inconvénients qui en découlent. Tu peux donc imaginer comment il est difficile de construire une carrière dans un pays où ton sport n’est pas reconnu. J’habite désormais aux USA et me développe à Albuquerque majoritairement, mais aussi à Las Vegas et Los Angeles.

Suite à ces quelques minutes de plaisir passées à échanger des mails avec ce talent du sport, il était temps clotûrer. Et à mon habitude, j’aime finaliser ce type d’article sur une anecdote; et en général, c’est l’explication du surnom qui intéresse les lecteurs. Donc, Fire Kid, c’est:

Une référence à mon premier coach David Baron que j’apprécie énormément, qui était pompier, d’où son surnom « Fireman » 

Mon style s’apparente au feu avec mon explosivité et le fait que je sois imprévisible.
Mon personnage de manga préféré « Asce » (One Piece) a le pouvoir du feu… Qui n’aimerait pas contrôler le feu ?

Soutenons tous Tom Buqesnoy ce week-end, ainsi que dans la poursuite de sa carrière !

Tom Duquesnoy soumet Violet



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