Le génie du succès de Roy ‘Big Country’ Nelson

Big Country. Roy Nelson, ce phénomène dans le monde du MMA. 1m83, dans la catégorie la plus lourde de l’UFC où presque tous les athlètes dépassent le mètre 90. Malgré ce désavantage en taille… Et en athlétisme – il ressemble plus à un homme qui passe son temps dans des bistros et des McDos plus que dans des salles d’entraînement – il a percé et il demeurre dans le top 10 des Heavyweights de l’UFC depuis bien longtemps. Une performance que les fans semblent vouloir reposer sur son overhand et son one-punch knockout power. Evidemment, nombreuses sont ses victoires via ce puissant overhand, mais il a d’autres armes, qui lui permettent de préparer cette attaque justement. Une fois n’est pas coutume; comme disait Bruce Lee « I fear not the man who has practiced 10,000 kicks once, but I fear the man who has practiced one kick 10,000 times« . Roy Nelson intègre très bien cette expression, lui, qui place encore son signature move face à des athlètes élites entraînés qui s’y attendent !Roy Nelson overhand Big NogNote: Roy se déplace sur sa gauche, alignant son poing droit à sa cible, feinte l’upercut et passe par dessus le jab de Nog.

Petit et lourd, son centre de gravité est bas, ce qui rend la tâche de l’amener au sol difficile, et presqu’inutile puisque le sol, c’est l’un de ses backgrounds – avec la lutte et le kung fu; avant de se lancer dans une carrière MMA, il avait quelques compétitions en Jiujitsu derrière lui, dont notamment quelques bonnes performances lors d’un ADCC en 2003. Lors de la même année, il bat Frank Mir à la Grappler’s Quest. L’année suivante, il fait la transition vers un art plus libre, le MMA dans lequel il s’installe confortablement avec un record de 6 victoires, dont 5 par soumissions, pour aucune défaite. Par la suite, il se fait un petit chemin dans le sport et y découvre sa puissance naturelle, lui permettant d’obtenir plusieurs victoires par KO, faisant de lui un adversaire redoutable debout comme au sol. Il obtient d’ailleurs la ceinture IFL qu’il défend 2 fois avec brio !

En 2008, il connait un tournant très marquant dans sa carrière; il subit son premier KO aux mains d’Andrei Arlovski. Ce n’est pas spécialement le KO, le fait marquant dans cette soirée du 4 octobre; en effet, dans le premier round, il avait une position dominante sur son adversaire et était occupé à travailler sur une kimura lorsque l’arbitre a décidé de les relever. Depuis lors, Roy Nelson n’utilise plus beaucoup son grappling; seulement lorsqu’il se sent bien supérieur à son adversaire dans ce domaine; ce qui change énormément la stratégie d’un combattant. Cela l’a simplement rendu plus fort. Dû à son manque d’athlétisme, il ne cherchera jamais un power double leg; il préfèrera les projections à partir d’un clinch, ou les single legs. Au sol, il s’est réellement perfectionné dans les passements de garde afin de pouvoir utiliser son envergure à son avantage; la pression qu’il peut mettre à un adversaire à partir du side control / crucifix ou de la mount est incroyable; Mirko Crocop, Kimbo Slice, McSweeny en ont fait les frais. A l’inverse, ses antécédants de grapplers lui permettent d’avoir une défense au soumission au dessus de la moyenne et une étonnante capacité à vite se remettre debout lorsqu’il est lui-même amené au sol; Daniel Cormier a réussi à l’amener au sol, mais a eu du mal à l’y garder.

Le plus impressionnant chez cet athlète réside dans son striking; alors qu’en grappling ou même en lutte, on peut concevoir l’exploitation de sa morphologie à son propre avantage, il est difficile de concevoir que cela en soit un en striking, ou même globalement en MMA. Et pourtant, il a su éliminer des grands noms du sport en restant debout, tels que Big Nog, Matt Mitrione (probablement le combattant le plus sous-estimés de l’UFC), des strikers comme Cheick Kongo, ou des tours comme Stefan Struve ou Dave Herman. Il a même rivaliser debout avec Mirko Crocop.

Roy Nelson overhand CrocopNote: En se déplaçant sur sa gauche, il pousse Crocop à en faire de même; dans l’alignement de son overhand.

Qu’il y a-t-il donc de si impressionnant dans son striking, qui lui permet de rivaliser et battre des experts en la discipline, ou des athlètes qui ont jusqu’à 30 centimètres de plus que lui ? Globalement, il se concentre sur une chose; sa puissance naturelle. Il est capable de déconnecter un humain de ses sens avec un seul coup et l’a prouvé à plusieurs reprises.

L’overhand bien travaillé est dévastateur, et est surtout un excellent outil lorsque l’adversaire est plus grand. En effet, (comme expliqué dans cet article) les plus grands ne voient pas l’entièreté du corps de l’adversaire (à moins qu’ils n’abaissent leur posture). Du coup, l’overhand surprendra souvent un adversaire plus grand s’il est bien préparé. Et c’est un coup que Mr. Nelson prépare toujours parfaitement. Son secret ? Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est son jeu de jambes (bizarre pour un gros, hein ?) et la coordination de ses mouvements !

nelson overhand hermanRoy Nelson possède un très bon jab, double jab et jab-crochet (1-3) avant pour préparer son overhand. Lorsque son jab passe une fois dans un combat, il peut le ré-utiliser « à moitié », c’est-à-dire le feinter pour provoquer une réaction visuelle de son adversaire qui se concentrera alors sur le poing gauche de Roy. Cela lui permet alors d’avancer sa jambe avant et casser suffisament la distance pour placer son overhand, suffisant pour mettre un terme à un combat. La puissance d’un coup ne réside pas seulement dans la force de l’athlète, mais aussi dans l’impact du coup; si l’adversaire bouge dans la même direction que celle du coup envoyé, la force de l’impact sera moindre. A l’inverse, si la tête rencontre le coup, l’impact sera fatal. Roy Nelson a ce génie de provoquer son adversaire à se déplacer vers son overhand. Face à des très grands (Struve, Herman), il va descendre – paradoxalement – baisser sa posture; son adversaire va alors s’abaisser… En direction donc de l’overhand. Son autre tour de magie, c’est la pression. Avancer vers son adversaire en se déplacant vers la gauche; et il arrive que ce dernier face l’erreur de se déplacer vers la droite de Roy Nelson… dans l’overhand (Kongo, Big Nog).

Roy Nelson overhand Kongo

Cheick Kongo se déplace vers la droite de Roy Nelson; vers l’overhand.

Roy Nelson overhand Struve

En s’abaissant, Roy provoque la même réaction chez son adversaire Stefan Struve qui rentre lui-même dans l’overhand.

L’overhand, c’est bien, mais pour l’esquiver, la technique la plus simple est de s’abaisser.

Cormier esquive NelsonRoy Nelson le sait; c’est pour cela qu’il a aussi ajouter l’upercut à son arsenal…

Nelson upercut et overhand NogUpercut quand l’adversaire s’abaisse, overhand quand il se relève suite à l’impact. Andrei Arlovski l’a aussi fait face à Travis Browne

Comme quoi la simplicité paie à certains moments, mais à évidemment ses limites face à des adversaires plus techniques; JDS et Stipe Miocic ont joué de sa personne et bougeant beaucoup leur tête et en exploitant bien l’espace dans la cage, circulant sur la gauche de Roy Nelson; Werdum, Cormier et Mir ont quant à eux dicté le rythme du combat en gérant eux-même la distance.



Catégories :Analyse

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