A la rencontre d’Isabelle Pare

Agée de 32 ans, je pratique les sports de combat depuis mon enfance. Ceinture noire de karaté et de full contact, j’évolue aujourd’hui en compétitions de boxe et MMA. Bien que je sois professionnelle dans les 2 disciplines, je gagne ma vie en cumulant les métiers de coach sportif et gouvernante pour les particuliers. Je m’entraîne au club d’Arte Suave à Saint-Jean-de-Védas, proche de Montpellier avec Serge Pokou mon entraîneur et compagnon de vie.
Isabelle Pare etranglement EFCAujourd’hui à 5 victoires pour aucune défaite et une égalité dans sa carrière professionnelle de MMA, Isabelle est sous contrat à l’EFC, cette solide organisation sud-africaine. Le 28 août, elle y gagnait ses débuts en soumettant Amanda Lino après 62 secondes. Un début très prometteur au sein de l’organisation, de bonne augure pour « Mademoiselle », qui a remporté ses 5 victoires par finalisation. Malgré cet impressionnant palmarès, il semble difficile pour l’athlète féminin d’entreprendre une carrière dans la discipline;

Je suis reconnue professionnelle dans les sports de combat grâce au niveau auquel je concoure et les compensations financières que m’octroient les organisateurs. Je suis une athlète professionnelle dans mes préparations de combats, je m’entraîne au quotidien matin et soir. Mais à côté de ça, je reste dans l’amateurisme le plus total; je ne touche aucun revenu du pays pour lequel je boxe à l’international, n’ai ni partenaires ni sponsors pour compenser tous les sacrifices et frais engendrés. Le MMA n’étant pas légalisé en France, je n’espère pas être reconnue sportive de haut-niveau.
A moins d’être épaulée par des stars du MMA, je ne vois pas comment je pourrais être réellement aidée en France. Par conséquent, je continue à croire qu’être professionnelle en MMA et en vivre reste une utopie.
C’est malheureux que le MMA soit encore si peu développé car certains sacrifient beaucoup et mériteraient plus de reconnaissance visuelle et professionnelle. Dans le cas présent, certains sites placent la française dans le top10 mondial de sa catégorie de poids; les flyweights. Malheureusement, l’UFC n’a pas ouvert cette catégorie.
Chaque spécialiste ou analyste a son propre classement, il faut donc prendre ça avec du recul et surtout ne pas en faire une vérité. Cependant, c’est vrai qu’il est agréable de se voir dans le même ranking que ces grandes athlètes internationales. L’UFC ? Je n’y pense pas, je pense juste à m’entrainer le plus possible. Mon énergie est totalement dirigée vers ma progression martiale et mon organisation de vie: M’entrainer le plus possible et toujours payer mes factures. Mon espoir: un jour me consacrer uniquement à mon sport et vivre du MMA. Mon but: Gagner la ceinture de l’EFC et après aller toujours plus haut
Isabelle Pare 2

Une belle façon de penser. Simple, réaliste mais avec de grands objectifs. Un espoir peut cependant persister pour Isabelle puisque le MMA ne cesse de progresser et de gagner en visibilité. On y voit de plus en plus d’acteurs – combattants, promoteurs, journalistes – qui vivent de cette passion. Particulièrement Ronda Rousey, une athète féminine qui perce également dans le monde du cinéma et qui ne doit plus du tout s’inquiéter des factures. Isabelle Pare a d’autres inspirations, très respectables par ailleurs:

J’avance machinalement avec mon coach. Si moi, je ne m’inspire pas réellement de sportifs en particulier, mon coach, lui, oui. La boxe, c’est son sport; il est un incollable sur le sujet et notamment toute l’histoire du noble art. Toutefois, si je devais m’approcher de la boxe d’un champion serait celle de Mike Tyson. Bien qu’il soit lourd (contrairement à moi), il a mis en place une boxe qui ressemble à celle dont je m’exerce selon la volonté de mon coach. Je ne suis jamais la plus grande dans mes combats et je suis plus une cogneuse qu’une technicienne. Une bonne organisation offensive sans prendre de coups est un travail de longue haleine auquel Tyson était expert! Toujours est-il, la personne qui m’a rendue mordue de combat, reste Madame Mialot, elle m’a inculquée les vertus martiales et le goût du challenge durant 10 ans de pratique de karaté. Je reconnaîtrai toujours l’importance du rôle qu’a tenu Madame Mialot dans ma carrière sportive.
Le respect et la confiance mutuelle entre un coach et son combattant a toujours été une relation à succès. Et en voici une nouvelle preuve pour la boxeuse. En effet, avant d’être une pratiquante professionnelle de MMA, Isabelle a eu son succès en boxe anglaise qu’elle considère comme un énorme complément à sa carrière dans la discipline plus libre.
Souhaitons le meilleur à la française, en espérant qu’elle gagne en visibilité; ce qui serait entièrement mérité vu la passion, le travail et la discipline qu’elle accorde à ces sports !


Catégories :Portrait

Tags:, , , , , , , , , , ,

%d blogueurs aiment cette page :